Témoignages

Laissez-vous toucher par des histoires inspirantes racontées par des personnes proches de notre fondation.

« Je pouvais sentir qu'une fois sur la table de massage, elle oubliait qu'elle était malade. »


Suzanne Boivin est une massothérapeute agréée et certifiée de la Fédération québécoise des massothérapeutes. Elle est spécialisée en masso-oncologie et travaille à la Fondation depuis avril 2019.

Je suis spécialisée en massage oncologique depuis 2007. J'ai fait ce choix suite au décès d'une amie, dû à un cancer. En l'accompagnant dans la maladie, j'ai été sensibilisée aux bienfaits des massages oncologiques. Je pouvais sentir qu'une fois sur la table de massage, elle oubliait qu'elle était malade.
 
J'ai débuté les massages oncologiques à l'Hôpital Notre-Dame. Aujourd’hui, je pratique le massage sur chaise en salle de chimiothérapie, sur table à la Fondation québécoise du cancer et directement dans les chambres des patients qui ne peuvent plus se déplacer.
 
Le massage oncologique s'appuie sur une formation précise, des gestes spécifiques qui diffèrent d'un massage à un patient qui n'est pas atteint d'un cancer. 

Il est important de ne pas aller profondément dans le massage et d'avoir un touché plus léger, doux, enveloppant, apaisant.

Certaines parties du corps ne peuvent pas être massées alors il faut davantage se concentrer sur les bras ou les jambes par exemple, selon les souhaits des patients.
 
Les bienfaits d'un massage sont multiples tant sur le corps que sur l'esprit.

Ils procurent détente et bien-être total. Quand les patients reçoivent un massage, ils oublient la maladie, ils cessent pour un moment d'être des malades.

Le corps en ressort aussi apaisé ce qui a un effet bénéfique sur la qualité du sommeil.
 
Le massage est un moyen de se réapproprier son corps, dans une période où le cancer leur fait prendre peur de leur propre corps.

Je me souviens de cette patiente qui m'avait dit un jour : « Dès que vous me massez, ça m'apaise. Partout. Je sais maintenant que j’ai des parties du corps qui ne me font pas mal. »
 
Malheureusement, les bienfaits des massages oncologiques sont souvent sous-estimés. Il y a encore beaucoup de fausses idées entourant la pratique. Certains par exemple ont peur que les massages propagent le cancer, ce qui est bien évidemment faux. Cette thérapie complémentaire est reconnue par le milieu de la santé. Les infirmières nous réfèrent et en connaissent très bien tous les bienfaits.
 
Je vois, notamment dans le cadre des massages sur chaise à l’hôpital, que certains patients sont réticents, mais en voyant le bonheur que cela procure aux autres patients branchés à leur soluté, ils se laissent prendre au jeu. Et très souvent, ils se demandent pourquoi ils ont attendu aussi longtemps avant de se faire masser! 
 
Un massage ce n'est que du positif, et ce n'est pas seulement la massothérapeute ou le corps médical qui le dit. Ce sont les personnes qui en bénéficient directement.

À la Fondation québécoise du cancer, où je procure des massages sur table, je vois les patients arrivés dans la salle, fatigués et plein de douleurs. Mais quand ils ressortent, je peux voir leur visage détendu, le sourire aux lèvres et une lumière qui s'allume dans leurs yeux. Quel bonheur!
 
La Fondation offre aussi un lieu de rencontre où les patients peuvent se retrouver et discuter avec les personnes qui vivent des situations similaires à la leur. Ils peuvent aussi se confier aux professionnels de la Fondation. Ils se sentent libres de dire des choses qu’ils n'osent pas dire à leurs proches

La salle de massage à la Fondation québécoise du cancer, c'est un peu aussi une porte ouverte à la libération de la parole. Les patients me partagent leurs émotions et je les écoute toujours sans jugement. Mais ils ne sont pas tous bavards. Je m'adapte donc à leur volonté. Je suis parfois l'oreille attentive, parfois la professionnelle silencieuse.
 
Mais peu importe l'état d'esprit et l'état physique dans lequel ils sont avant un massage, ils en ressortent toujours en me disant « Merci, merci », plus détendus que jamais. Une petite victoire face au cancer.

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