Témoignages

Laissez-vous toucher par des histoires inspirantes racontées par des personnes proches de notre fondation.

 
Quand sert un cancer!


Nous nous sommes rencontrés un certain 2 décembre 2013, à 16 h 33… 34…
 
Tu n’étais pas prévu à mon agenda ce jour-là. En fait, ce n’est pas vraiment le type de rendez-vous que l’on accepte comme une demande d’amitié Facebook. Tu es entré par mon oreille comme un tremblement de terre réveillant successivement toutes mes entrailles. Puis, tu n’es jamais vraiment ressorti depuis. Tu t’es ainsi approprié toutes les plages horaires d’une vie, en annulant tout sur ton passage… exit l’agenda… par ici la sortie. Passe tes commandes à la vie Josée Parent-Bellavance : ça presse.
 
Tu es arrivé comme ça dans ma vie. Dans une vie en fait, car cette « vie », allez savoir à qui elle appartient vraiment. La vie n’est qu’un prêt temporaire, bien temporaire.

Pourquoi moi?

Du « pourquoi moi? », je suis aussitôt passée au « pourquoi pas moi? ». Qui suis-je pour penser être exempte de fragilité quant à ma vie? Et puis dans le fond… il n’y a plus vraiment de place pour la rationalisation. Juste vivre intensément ce qui se présente. Un jour, un moment, un instant à la fois, en connexion plus que jamais avec l’Être, avec ce qui est.
 
Débute ainsi un cheminement imposé, obligé, incontournable. Lentement, mais sûrement, à son rythme… Recul obligé. Ralentir pour mieux grandir. Toi, la maladie, cadeau de vie mal emballé, j’ai tant dansé en ta compagnie, avec ou sans grâce.
 
Retour à l’essentiel oblige : ce besoin viscéral de profiter de chaque instant, entouré de ceux et celles que tu apprécies. Et ce besoin grandissant de se connecter, plus que jamais, à cette chère solitude existentielle. Car force est de constater que je suis l’unique et seule personne avec qui je passerai assurément le reste de mon existence.
 
À partir de ce moment précis où cette finitude devient plus consciente, du coup, une urgence de vivre s’installe : cette recherche de source, d’unité, de connexion, de ce seul et unique Soi.
 
De l’apparition des premiers symptômes à l’incertitude… L’attente
De la période d’investigation au diagnostic… L’attente
Du début de traitement à l’effort d’adaptation… L’attente
De l’évolution du verdict au verdict final… L’attente
De la réadaptation à la vie… L’attente… L’attente… L’attente…
 
Parce que le mot « cancer » reste bien ancré dans mes veines. Mais qui suis-je au fond? Je suis. Point final. Oui… seulement et simplement ça : JE SUIS!
J’existe et c’est déjà un sacré beau privilège!!!!

Trois ans plus tard

Et puis, Josée Parent-Bellavance? Trois ans plus tard, il est en reste quoi?
 
Apprendre à vivre avec le « quand sert », car même exempt de signaux actifs, il demeure imprégné dans nos cellules, dans nos veines, faisant partie de notre histoire de vie. On ne sait jamais vraiment lorsqu’il décidera de se représenter.
 
Il est certes toujours omniprésent, mais s’estompe de plus en plus. Une reconstruction en cours, une renaissance s’amorce, en continu. Avec ce besoin grandissant de fuir le fameux « métro, boulot, dodo » dénué de sens.
 
Tendrement, tranquillement, la vie suit un courant… Merci la vie, car sans ce cadeau mal emballé, je ne serais ce que je suis, ce que je deviens. Quand sert un cancer… Moi, j’ai encore droit à un prêt de vie. Et quel merveilleux privilège de vivre, de respirer et de ressentir.
 
Avec la vie qui nous est prêtée, je vous invite à offrir ou à accueillir ce qui compte vraiment :
Un sourire à un inconnu
Un regard de reconnaissance à plus petit que soi
Du temps pour profiter de la lumière du soleil
Un merci plein de gratitude
Un espace de non-jugement et d’accueil de ce qui est
Une intention bienveillante envers autrui
Du temps de qualité avec ceux qui comptent vraiment pour vous
Un repas partagé entre amis
Un câlin fondant d’unité
Une présence rassurante
Accompagner quelqu’un dans le besoin
Un silence révélateur 
Et si vous cherchez quoi faire de vos pécules, je vous invite à les offrir à une cause qui vous tient à cœur. Seulement et seulement si le cœur vous en dit, car le cœur, lui, ne ment jamais.
 
On jase-là… Mettons, mettons que la vie vous appelle pour vous annoncer une finitude, vous feriez quoi, mais surtout, vous seriez qui?
Parce que derrière chaque cancer, une personne…
Parce que derrière chaque personne, une histoire…
 
Merci la vie de me permettre de continuer à donner au suivant.
 
Que toute ma compassion vous accompagne, peu importe la nature de votre chemin actuellement.
 
Gros câlins, chère vie!
 
Josée Parent-Bellavance – 3
Cancer – 0
 
 
Josée Parent-Bellavance
 
Diagnostiquée d’un cancer de l’endomètre à 35 ans
Participante à Compostelle en tandem en 2015
Massothérapeute spécialisée auprès des personnes touchées par le cancer et leurs proches et maintenant membre de l’équipe de massothérapeutes de la Fondation québécoise du cancer
 

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