Témoignages

Laissez-vous toucher par des histoires inspirantes racontées par des personnes proches de notre fondation.

 « Je l’avais accompagnée pour qu’elle trouve sa propre lumière au bout du tunnel. »

Un cancer du sein, les traitements, une mastectomie et toutes les épreuves associées ont fait naître chez moi un besoin d’agir à ma façon : aider les femmes qui passaient par ce que j’avais vécu.

À travers la maladie, j’avais pu moi-même bénéficier des services de la Fondation québécoise du cancer. C’est donc auprès de la Fondation que j’ai naturellement choisi d’être bénévole. L’équipe à Québec, où je réside, m’a proposée le jumelage téléphonique.

Ça m’a tout de suite interpelée : comme j’étais déjà passée par là, je connaissais cette profonde anxiété qui naît même avant l’annonce du diagnostic, les moments d’attente insoutenables et la peur qui te dévore au fil du parcours. 
 
Le processus du jumelage pour les bénévoles est relativement simple : Susan de l’équipe de la Fondation me contacte lorsqu’une femme atteinte d’un cancer du sein a besoin d’être accompagnée.

La fréquence de nos appels se fait naturellement, en fonction de nos disponibilités respectives et de leurs besoins. De manière générale, je leur parle une fois par semaine. Les besoins sont variés, ce qui montre bien que chaque personne est différente et qu’il n’y a pas une seule façon de vivre la maladie. Certaines ont besoin de conseils précis ou d’informations techniques, par exemple sur le port de la prothèse ou les spécificités des traitements, alors que d’autres auront besoin d’extérioriser et de partager leur angoisse, c’est là que mon oreille attentive intervient. J’essaie de répondre au mieux, toujours et uniquement avec ma casquette de femme ayant traversé un cancer du sein. Voilà où se situe mon apport, ni plus, ni moins.

Et selon les différents besoins, la durée de nos échanges varie aussi. Certaines s’arrêtent d’elles-mêmes quand elles ont le sentiment d’avoir obtenu toutes les réponses à leurs questions. D’autres maintiennent un lien avec moi sur la durée, comme cette dame que j’appelle parfois depuis 2 ans.
 
À chaque appel, j’ai l’impression d’avoir pu les aider à être plus fortes face au cancer et pour moi, c’est mission accomplie! Dans certains échanges j’ai pu sentir à quel point mon rôle avait été essentiel dans la vie de ces femmes, parfois isolées et en pleine détresse. Je me souviendrai toute ma vie de la réponse de cette bénéficiaire à ma question « Qui vous soutient dans cette épreuve? » « La présence de mes animaux. » m’avait-elle répondu, remplie de résilience. C’est à ce moment-là que j’ai mesuré l’importance de mon rôle : je l’avais accompagnée pour qu’elle trouve sa propre lumière au bout du tunnel.
 
Tous ces échanges sont tellement gratifiants pour moi! Ils me permettent d’aller de l’avant dans ma propre vie et de me sentir choyée de m’être sortie de l’épreuve du cancer. De me sentir privilégiée aussi : d’avoir un réseau d’entraide extraordinaire et des médecins excellents. Alors que certaines personnes vivent le cancer dans de mauvaises conditions, par manque d’argent, de soutien… d’ailleurs une dame avec laquelle j’étais jumelée devait travailler pendant sa chimiothérapie!
 
Si je vais mieux aujourd’hui, c’est grâce à tout un monde de soutien dont j’ai bénéficié et à tous les conseils de mes proches tombés à point nommé. Surtout celui de cette amie, qui a eu un impact décisif, quand je ressentais une peine immense après ma mastectomie : « Si tu n’es pas capable d’accepter la mastectomie, alors accueille-la. » Un précieux conseil que je me presse de partager avec toutes celles avec qui je fais un bout de chemin, au bout du fil.
 
Le support de la Fondation québécoise du cancer a également été précieux pour moi, au moment où j’en avais eu le plus besoin.

Je mentionnais les douleurs psychologiques, mais il y aussi le côté physique du cancer : perte de poids, de cheveux, d’énergie, etc. Physiquement, j’étais une autre. À la Fondation, j’ai bénéficié de bien des services : Qi Gong, yoga, bibliothèque et massages. Au-delà des activités, j’ai été extrêmement touchée par le contact humain de l’équipe de la Fondation : le respect et le support du professeur de Qi Gong quand mon corps n’était pas capable de suivre les exercices, la manière dont ma peine avait été accueillie par la massothérapeute…
 
Le soutien que j’ai reçu à la Fondation québécoise du cancer, je le souhaite à toutes ces femmes qui passeront à travers ce que j’ai vécu : vivre l’anxiété du diagnostic, passer à travers les traitements, survivre dans un nouveau corps,  s’adapter à une nouvelle réalité… ça prend du support. 
 

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