La radiothérapie est l’utilisation de rayons X, de rayons gamma, d’électrons et d’autres formes de radiations de haute énergie. Le traitement, totalement indolore, ne dure pas longtemps, soit d’une à cinq minutes. En fait, l’attente et les préparatifs prennent souvent plus de temps que le traitement lui-même, soit environ 10 à 15 minutes.

Qu’est-ce que la radiothérapie?

La radiothérapie détruit les cellules cancéreuses par différents mécanismes. Si le traitement est donné lors de la reproduction d’une cellule, il empêche celle-ci de se diviser et en cause la destruction. Puisque les cellules cancéreuses se multiplient plus rapidement que les cellules normales, la radiothérapie éliminera plus de cellules tumorales que de cellules normales.

La radiothérapie est une forme de traitement extrêmement polyvalente. Pour certains types de cancer, la radiothérapie suffit, à elle seule, à détruire le cancer. Dans d’autres cas, on l’utilise de concert avec la chimiothérapie, l’hormonothérapie et la chirurgie. On l’emploie parfois avant la chirurgie pour réduire le volume de la tumeur ou après pour empêcher que les cellules cancéreuses se multiplient à nouveau.

Radiothérapie externe

La radiothérapie externe est le type de radiothérapie le plus utilisé. On utilise un appareil de traitement placé près du corps, qui dirige des rayons d’une grande intensité sur la tumeur maligne. On emploie principalement les rayons X et les électrons de haute énergie. Le choix du type de faisceau repose sur l’endroit où est situé le volume à traiter.

La radiothérapie externe ne présente aucun danger pour les gens qui vous approchent.

Radiothérapie interne (curiethérapie)

Pour les cas de radiothérapie interne, on introduit une substance radioactive à l’intérieur d’une cavité ou directement dans la tumeur maligne. Les implants peuvent être permanents ou temporaires.

L’avantage de ce mode de traitement est qu’il permet d’administrer une forte dose de radiations aux tissus adjacents à la source radioactive tout en épargnant les tissus à distance. C’est un traitement plus sélectif que la radiothérapie externe.

Radiothérapie interstitielle

Type de radiothérapie où l’on insère des applicateurs directement dans le tissu cancéreux. Ces applicateurs serviront de vecteurs pour l’introduction temporaire d’une substance radioactive. À l’occasion, la substance radioactive est déposée directement dans les tissus, il s’agit alors d’un implant permanent.

Radiothérapie intracavitaire

Type de radiothérapie interne où l’on place un applicateur de substance radioactive dans une cavité de l’organisme, comme le vagin ou l’utérus.

Planification de la radiothérapie

La simulation représente la première étape de la planification de la radiothérapie. La position dans laquelle vous recevrez vos traitements est déterminée lors de la simulation et, au besoin, des moulages d’immobilisation sont confectionnés. La simulation peut se faire de deux façons : on peut utiliser un appareil à rayons X simple, définir les champs de traitement immédiatement et procéder au marquage dans un même temps, ou procéder à une tomodensitométrie de planification qui consiste à créer des images détaillées en trois dimensions de certaines parties du corps.

Lorsqu’une tomodensitométrie est complétée, le radio-oncologue détermine, à partir des images acquises, le volume à traiter, selon le site de la tumeur et les endroits les plus susceptibles de propagation. Il décide ensuite des champs de traitement et il étudie la déposition de la dose pour s’assurer de bien traiter les endroits à risque, tout en épargnant le plus possible les tissus sains. Ce n’est qu’une fois ces étapes complétées, que l’on communique avec vous afin de procéder au marquage.

Nombre de traitements de radiothérapie requis

La dose totale d’irradiation requise ainsi que le nombre de jours de traitement varient selon plusieurs facteurs : le type de tumeur, son stade, votre état de santé général, les autres traitements que vous recevrez, etc. La dose est habituellement exprimée en centigray de radiation absorbée.

Normalement, les traitements se donnent cinq jours par semaine, du lundi au vendredi, et s’étendent sur quatre à six semaines. Si vos traitements sont répartis sur plusieurs semaines, vous recevrez probablement un traitement par jour (parfois deux), cinq fois par semaine. On procède ainsi pour protéger les tissus normaux.

Déroulement du traitement de radiothérapie

À votre entrée en salle de traitement, vous êtes accueilli par un technologue en radiothérapie. À l’aide des repères tracés sur votre peau, on vous place en position sous l’appareil de traitement. Il est très important de ne pas bouger pendant le temps d’exposition aux rayons afin que le traitement soit administré sur la même région chaque fois.

Le technologue en radiothérapie ne reste pas dans la pièce pendant que l’appareil est en marche. Il est dans une pièce de contrôle adjacente d’où il vous observe. Il est constamment en communication avec vous par microphone. Si un sentiment d’inquiétude vous envahit, rappelez-vous que vous êtes continuellement sous surveillance médicale.

Examens en cours de traitement

En cours de traitement, votre médecin traitant vous examinera sur une base régulière. Il peut ordonner des prises de sang dans le but de vérifier l’effet des rayons sur les cellules sanguines. Si le nombre de globules blancs est trop bas, on devra retarder les traitements jusqu’à ce qu’il soit plus élevé. Cela ne constitue pas une aggravation de votre maladie.

Votre médecin peut aussi prescrire d’autres tests spécifiques aux problèmes que vous pourriez présenter. Certains effets secondaires nécessitent un bilan particulier et une médication appropriée. En règle générale, il n’y a pas d’examen radiologique de contrôle durant le traitement de radiothérapie. Les premiers contrôles radiologiques pour évaluer la réponse au traitement se feront une fois toutes les séances de radiothérapie complétées.

Effets secondaires de la radiothérapie

Tout comme les tumeurs, les tissus sains qui se divisent plus rapidement, comme la muqueuse buccale ou intestinale, peuvent être touchés, provoquant ainsi certains des effets secondaires de la radiothérapie. De tels effets ne se produisent pas toujours et leur gravité dépend du patient lui-même, du type de cancer, de la dose de rayons et surtout de la région irradiée.

Les effets secondaires apparaissent seulement après un certain nombre de traitements, habituellement après le dixième jour. Les effets précoces se produisent en cours de traitement. Habituellement, ils disparaissent dans les quelques semaines suivant la fin du traitement. Il peut falloir des mois ou des années avant que les effets secondaires tardifs surgissent et, généralement, ils sont permanents.

Les effets secondaires précoces les plus fréquents sont : Pour de l'information sur d'autres effets secondaires.

Pour en savoir plus

Pour avoir de l’information plus précise sur la radiothérapie et apprendre quelques trucs pour vous sentir mieux, consultez la brochure de la Fondation québécoise du cancer ou appelez à la Ligne Info-cancer (1 800 363-0063) pour parler à une infirmière ou une documentaliste.

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Hormonothérapie pour le cancer du sein

Présentation 

Le développement du cancer du sein est souvent influencé par certaines hormones présentes dans le corps comme l’œstrogène et la progestérone.
L’œstrogène et la progestérone sont les hormones responsables entre autres des attributs féminins à la puberté et du cycle menstruel. Elles sont sécrétées par les ovaires sous l’action des hormones FSH et LH orchestrées par les glandes hypophysaires et l’hypothalamus. L’hormonothérapie vise ici à réduire l’influence de ces hormones sur les cellules cancéreuses.

Avant de proposer une hormonothérapie pour le cancer du sein, l’oncologue s’assurera que ce traitement sera efficace. Pour le savoir, les cellules cancéreuses prélevées lors de la biopsie ou enlevées pendant la chirurgie seront minutieusement analysées. Cette analyse permettra de vérifier entre autres, si des protéines appelées récepteurs hormonaux sont présentes. Les cellules cancéreuses du sein peuvent avoir des récepteurs pour l’œstrogène (ER+), la progestérone (PR+) ou les deux. Lorsqu’une cellule cancéreuse possède ce type de récepteur, elle peut croître en présence de l’hormone. L’analyse permet de préciser la présence ou non de récepteurs hormonaux de chaque type (œstrogène et progestérone) ainsi que leur quantité au sein de la cellule cancéreuse. L’hormonothérapie sera proposée comme traitement seulement si les récepteurs hormonaux du cancer du sein sont positifs. Le traitement consiste en la prise d’un médicament qui bloque la production hormonale, ou qui bloque son action. Il se prend le plus souvent par voie orale (par la bouche).

Plus des deux tiers de tous les cancers du sein contiennent des récepteurs d’œstrogènes, de progestérone, ou les deux. Ils sont dits hormonodépendant.
 

Objectifs de l’hormonothérapie 

  • Diminuer le risque qu’un cancer du sein hormonodépendant non infiltrant (in situ) évolue vers un cancer du sein infiltrant;
  • Diminuer le risque de récidive d’un cancer du sein hormonodépendant infiltrant;
  • Diminuer une grosse tumeur du sein hormonodépendante avant la chirurgie;
  • Traiter un cancer du sein hormonodépendant localement avancé ou qui a récidivé;
  • Soulager la douleur ou contrôler les symptômes d’un cancer du sein hormonodépendant avancé, ou métastatique.

Critères influençant le choix d’une hormonothérapie et la durée de traitement :

  • Antécédents médicaux;
  • Statut ménopause (femme ménopausée ou non);
  • Stade et grade du cancer;
  • Risque de récidive potentiel.            

Une hormonothérapie peut être parfois associée à un inhibiteur de cycle cellulaire (un médicament qui empêche les cellules de se multiplier) dans le traitement des cancers du sein hormonodépendants avancés ou métastatiques.

Le type de médicament, la dose prescrite, son association à un second médicament et la durée du traitement sont adaptés à chaque situation.
 

Avantages de l’hormonothérapie 

  • Traitement reconnu efficace pour diminuer le risque de récidive du cancer du sein;
  • Il agit sur le cancer du sein tant au niveau local qu’au niveau des métastases;
  • Peut s’administrer avec d’autres traitements afin de les rendre plus efficaces (cancers avancés ou récidivants);
  • Permet de soulager certains des symptômes du cancer du sein avancé.

Désavantages de l’hormonothérapie

  • Peut causer des effets secondaires affectant la qualité de vie;
  • Certains effets secondaires sont permanents.

Types de traitements

La majorité des traitements hormonaux consistent en la prise d’un médicament. Les deux types de médicaments les plus souvent administrés pour traiter le cancer du sein sont les anti-œstrogènes et les inhibiteurs de l’aromatase.
 

Les anti-œstrogènes

Ce sont des médicaments qui se fixent directement aux récepteurs des œstrogènes sur les cellules cancéreuses. Ils bloquent ces récepteurs dans le but d’empêcher les cellules cancéreuses d’utiliser l’œstrogène.

Tamoxifène

Le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) est le médicament anti-œstrogénique le plus souvent utilisé. Il est le médicament de premier choix pour les femmes non ménopausées. Il est également prescrit fréquemment aux femmes ménopausées.

Le tamoxifène augmente légèrement le risque de cancer de l’endomètre, de thrombose veineuse profonde (TVP) et d’accident vasculaire cérébral (AVC). C’est pourquoi les oncologues doivent évaluer les risques et les bienfaits de ce médicament avant de le proposer aux femmes qui ont des antécédents personnels ou d’importants antécédents familiaux de ces troubles de santé.

Fulvestrant

Le fulvestrant (Faslodex) est injecté par voie intramusculaire et est utilisé pour traiter les femmes ménopausées dont le cancer du sein s’est développé après un traitement au tamoxifène. Il est aussi prescrit aux femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique qui n’a jamais été traité par hormonothérapie.
 

Les inhibiteurs de l’aromatase

L’aromatase est une enzyme qui permet de fabriquer de l’œstrogène par d’autres organes que les ovaires, comme le tissu graisseux et les glandes surrénales. Ce sont des médicaments qui stoppent la production d’aromatase ou qui en bloquent l’action. Cela a pour conséquence de diminuer la présence d’œstrogène dans le corps.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont prescrits uniquement aux femmes qui sont ménopausées. Ils ne sont pas efficaces chez les femmes non ménopausées car ils n’agissent pas sur les ovaires, où la plus grande partie de l’œstrogène est fabriquée avant la ménopause.

Ces médicaments sont administrés par voie orale (par la bouche).

Ceux qui sont prescrits le plus souvent pour traiter le cancer du sein hormonodépendant sont les suivants :

  • Létrozole (Femara);
  • Anastrozole (Arimidex);
  • Exémestane (Aromasin).

Cette classe de médicaments peut provoquer ou augmenter la perte de densité osseuse (ostéoporose). Par conséquent, les femmes qui reçoivent un inhibiteur de l’aromatase devraient aussi recevoir des suppléments de vitamine D et de calcium. La densité osseuse ainsi que le risque de fracture doivent être surveillés périodiquement. Ainsi, généralement les femmes doivent passer un examen qui mesure la densité des os (une ostéodensitométrie) avant de débuter le traitement. Par la suite, d’autres examens du même type doivent être faits avec des suivis réguliers, particulièrement pour les femmes avec des antécédents médicaux personnels ou familiaux qui les rendent à risque.
 

Analogues de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LHRH) 


Les agonistes (ou analogues) de la LH-RH sont des médicaments qui agissent pour stopper la fabrication des œstrogènes par les ovaires. Ils sont prescrits uniquement aux femmes non ménopausées. Cela cause une ménopause temporaire. Ils sont injectés par voie sous-cutanée pour une durée de 3 à 5 ans :

  • Goséréline (Zoladex);
  • Leuprolide (Lupron, Lupron Depot, Eligard);
  • Buséréline (Suprefact).

Ce médicament peut parfois être utilisé en association avec le tamoxifène ou un inhibiteur de l’aromatase chez les femmes encore non ménopausées après une chimiothérapie, entre autres chez les jeunes femmes âgées de moins 35 ans ou chez celles qui sont atteintes d’un cancer avec une atteinte ganglionnaire.
 

Traitements non médicamenteux

Une méthode d’hormonothérapie non médicamenteuse peut être utilisée chez des femmes non ménopausées. Cela consiste à intervenir directement au niveau des ovaires pour supprimer la production d’œstrogènes :

  • Enlever les ovaires par chirurgie (ovariectomie) est privilégiée pour les femmes plus âgées qui sont en préménopause et qui ne veulent plus d’enfants;
  • L’utilisation de la radiothérapie dans ce but est rare mais pourrait être proposée aux femmes qui ne peuvent pas être opérée.Ces techniques causent une ménopause permanente et irréversible.

Traitement en fonction du statut de la ménopause 


Hormonothérapie pour la femme non ménopausée 

Le médicament de choix pour la femme atteinte de cancer du sein hormonodépendant est le tamoxifène prescrit pendant une période de 5 à 10 ans.

Après 5 ans, le médicament peut être parfois cessé mais en fonction du type de cancer et de son risque de récidive, le traitement peut se prolonger encore 5 autres années.

Si le traitement doit se prolonger, le tamoxifène sera prescrit à nouveau à la femme qui n’est pas ménopausée. Si elle est devenue ménopausée dans l’intervalle, l’oncologue pourra continuer le tamoxifène ou le changer pour un inhibiteur de l’aromatase.
 

Hormonothérapie pour la femme ménopausée

L’hormonothérapie prescrite aux femmes ménopausées est soit le tamoxifène soit un inhibiteur de l’aromatase pour une période de 5 à 10 ans.

Différentes approches peuvent être utilisées par les oncologues afin de proposer la médication la mieux adaptée à la condition de la personne. Parfois, une seule médication est utilisée pendant 10 ans et parfois, il y a des alternances entre les médicaments.

Les cancers de l’endomètre et de l’ovaire avancés peuvent aussi être traités par ces différentes hormonothérapies décrites ci-haut, en thérapie unique ou en association avec un autre traitement.