Qu’est-ce que l’hormonothérapie?

L’hormonothérapie est un traitement qui vise à changer la quantité d’hormones dans le corps. Les hormones sont des substances chimiques qui agissent sur le développement de nos cellules. Elles sont produites par des glandes ou des organes en fonction des besoins physiologiques du corps. Par exemple, les ovaires produisent l’hormone appelée œstrogène, les testicules sécrètent la testostérone et le pancréas produit l’insuline. En changeant la quantité de certaines hormones, on peut influencer le développement des cellules saines ou cancéreuses. Selon le type de cancer, l’objectif visé sera soit de :
  • Réduire la quantité d’hormones ou les empêcher de jouer leur rôle (on parle alors de traitement antihormonal);
  • Fournir des hormones manquantes parce qu’un organe fonctionne mal ou qu’il a été enlevé par chirurgie (on parle alors d’une hormonothérapie de substitution).
Les hormones produites par le corps sont dites naturelles. Les hormones ou les autres médicaments utilisés pour les traitements d’hormonothérapie sont souvent fabriqués en laboratoire : c’est ce qu’on appelle les hormones de synthèse.
 

Comment agit l’hormonothérapie?

Pour modifier la quantité d’hormones, différentes options sont possibles :
  • Enlever la glande ou l’organe qui sécrète l’hormone;
  • Traiter la glande ou l’organe par radiothérapie pour détruire les cellules qui sécrètent les hormones;
  • Donner des hormones ou des médicaments qui agissent sur l’activité hormonale, qui stoppent la production de l’hormone ou qui la remplacent (médicaments hormonaux ou antihormonaux). 
Si une hormonothérapie est proposée, l’oncologue tiendra compte de l’état de santé général et donnera, avec le soutien de l’équipe de soins, les informations relatives au traitement.

Il est important de se rappeler que chaque personne est différente et que chaque cancer est différent. Le type de médicament, la dose prescrite, son association à un second médicament et la durée du traitement sont adaptés à chaque situation.

L’hormonothérapie est souvent associée à d’autres traitements comme la chirurgie, la chimiothérapie ou la radiothérapie. Elle est utilisée pour traiter plusieurs types de cancer. Les plus fréquents sont le cancer du sein et le cancer de la prostate.

Le développement du cancer du sein est souvent influencé par certaines hormones présentes dans le corps comme l’œstrogène et la progestérone. L’œstrogène et la progestérone sont les hormones responsables entre autres des attributs féminins à la puberté et du cycle menstruel. Elles sont principalement produites par les ovaires. Pour produire de l’œstrogène, les ovaires doivent être stimulés par d’autres hormones : la FSH et la LH. LA FSH et la LH sont produites par l’hypophyse sous l’influence de l’hypothalamus. (L’hypophyse et l’hypothalamus sont deux petites glandes situées dans le cerveau).

Avant de proposer une hormonothérapie pour le cancer du sein, l’oncologue s’assurera que ce traitement sera efficace. Pour le savoir, les cellules cancéreuses prélevées lors de la biopsie ou enlevées pendant la chirurgie seront minutieusement analysées. Cette analyse permettra de vérifier, entre autres, si des protéines appelées récepteurs hormonaux sont présentes. Les cellules cancéreuses du sein peuvent avoir des récepteurs pour l’œstrogène (ER+), la progestérone (PR+) ou les deux. Lorsqu’une cellule cancéreuse possède ce type de récepteur, elle peut croître en présence de l’hormone. L’analyse permet de préciser la présence ou non de récepteurs hormonaux de chaque type (œstrogène et progestérone) ainsi que leur quantité au sein de la cellule cancéreuse.

L’hormonothérapie sera proposée comme traitement seulement si les récepteurs hormonaux du cancer du sein sont positifs. Le traitement consiste en la prise d’un médicament qui bloque la production hormonale, ou qui bloque son action. Il se prend le plus souvent par voie orale (par la bouche).

Plus des deux tiers de tous les cancers du sein contiennent des récepteurs d’œstrogènes, de progestérone, ou les deux. Ils sont dits hormonodépendant.
 

Objectifs de l’hormonothérapie 

  • Diminuer le risque qu’un cancer du sein hormonodépendant non infiltrant (in situ) évolue vers un cancer du sein infiltrant;
  • Diminuer le risque de récidive d’un cancer du sein hormonodépendant infiltrant;
  • Diminuer une grosse tumeur du sein hormonodépendante avant la chirurgie;
  • Traiter un cancer du sein hormonodépendant localement avancé ou qui a récidivé;
  • Soulager la douleur ou contrôler les symptômes d’un cancer du sein hormonodépendant avancé, ou métastatique.

Critères influençant le choix d’une hormonothérapie et la durée de traitement :

  • Antécédents médicaux;
  • Statut ménopause (femme ménopausée ou non);
  • Stade et grade du cancer;
  • Risque de récidive potentiel.            

Une hormonothérapie peut être parfois associée à un inhibiteur de cycle cellulaire (un médicament qui empêche les cellules de se multiplier) dans le traitement des cancers du sein hormonodépendants avancés ou métastatiques.

Le type de médicament, la dose prescrite, son association à un second médicament et la durée du traitement sont adaptés à chaque situation.

Avantages de l'hormonothérapie

  • Traitement reconnu efficace pour diminuer le risque de récidive du cancer du sein;
  • Agit sur le cancer du sein tant au niveau local qu’au niveau des métastases;
  • Peut s’administrer avec d’autres traitements afin de les rendre plus efficaces (cancers avancés ou récidivants);
  • Permet de soulager certains des symptômes du cancer du sein avancé.

Désavantages de l’hormonothérapie

  • Peut causer des effets secondaires affectant la qualité de vie;
  • Certains effets secondaires sont permanents.

Types de traitements

La majorité des traitements hormonaux consistent en la prise d’un médicament. Les deux types de médicaments les plus souvent administrés pour traiter le cancer du sein sont les anti-œstrogènes et les inhibiteurs de l’aromatase.
 

Les anti-œstrogènes

Ce sont des médicaments qui se fixent directement aux récepteurs des œstrogènes sur les cellules cancéreuses. Ils bloquent ces récepteurs dans le but d’empêcher les cellules cancéreuses d’utiliser l’œstrogène.

  • Tamoxifène

Le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) est le médicament anti-œstrogénique le plus souvent utilisé. Il est le médicament de premier choix pour les femmes non ménopausées. Il est également prescrit fréquemment aux femmes ménopausées.

Le tamoxifène augmente légèrement le risque de cancer de l’endomètre, de thrombose veineuse profonde (TVP) et d’accident vasculaire cérébral (AVC). C’est pourquoi les oncologues doivent évaluer les risques et les bienfaits de ce médicament avant de le proposer aux femmes qui ont des antécédents personnels ou d’importants antécédents familiaux de ces troubles de santé.

  • Fulvestrant

Le fulvestrant (Faslodex) est injecté par voie intramusculaire et est utilisé pour traiter les femmes ménopausées dont le cancer du sein s’est développé après un traitement au tamoxifène. Il est aussi prescrit aux femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique qui n’a jamais été traité par hormonothérapie.
 

Les inhibiteurs de l’aromatase

L’aromatase est une enzyme qui permet de fabriquer de l’œstrogène par d’autres organes que les ovaires, comme le tissu graisseux et les glandes surrénales. Les inhibiteurs de l’aromatase  sont des médicaments qui stoppent la production d’aromatase ou qui en bloquent l’action. Cela a pour conséquence de diminuer la présence d’œstrogène dans le corps.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont prescrits uniquement aux femmes qui sont ménopausées. Ils ne sont pas efficaces chez les femmes non ménopausées car ils n’agissent pas sur les ovaires, où la plus grande partie de l’œstrogène est fabriquée avant la ménopause.

Ces médicaments sont administrés par voie orale (par la bouche).

Ceux qui sont prescrits le plus souvent pour traiter le cancer du sein hormonodépendant sont les suivants :

  • Létrozole (Femara);
  • Anastrozole (Arimidex);
  • Exémestane (Aromasin).

Cette classe de médicaments peut provoquer ou augmenter la perte de densité osseuse (ostéoporose). Par conséquent, les femmes qui reçoivent un inhibiteur de l’aromatase devraient aussi recevoir des suppléments de vitamine D et de calcium. La densité osseuse ainsi que le risque de fracture doivent être surveillés périodiquement. Ainsi, généralement les femmes doivent passer un examen qui mesure la densité des os (une ostéodensitométrie) avant de débuter le traitement. Par la suite, d’autres examens du même type doivent être faits avec des suivis réguliers, particulièrement pour les femmes avec des antécédents médicaux personnels ou familiaux qui les rendent à risque de développer de l’ostéoporose.
 

Analogues de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LHRH) 

Les agonistes (ou analogues) de la LH-RH sont des médicaments qui agissent pour stopper la fabrication des œstrogènes par les ovaires. Ils sont prescrits uniquement aux femmes non ménopausées. Cela cause une ménopause temporaire. Ils sont injectés par voie sous-cutanée pour une durée de 3 à 5 ans :

  • Goséréline (Zoladex);
  • Leuprolide (Lupron, Lupron Depot, Eligard);
  • Buséréline (Suprefact).

Ce médicament peut parfois être utilisé en association avec le tamoxifène ou un inhibiteur de l’aromatase chez les femmes encore non ménopausées après une chimiothérapie, entre autres chez les jeunes femmes âgées de moins 35 ans ou chez celles qui sont atteintes d’un cancer avec une atteinte aux ganglions.
 

Traitements non médicamenteux

Une méthode d’hormonothérapie non médicamenteuse peut être utilisée chez des femmes non ménopausées. Cela consiste à intervenir directement au niveau des ovaires pour supprimer la production d’œstrogènes :

  • Enlever les ovaires par chirurgie (ovariectomie) est privilégiée pour les femmes plus âgées qui sont en préménopause et qui ne veulent plus d’enfants;
  • L’utilisation de la radiothérapie dans ce but est rare mais pourrait être proposée aux femmes qui ne peuvent pas être opérées. Ces traitements causent une ménopause permanente et irréversible.

Traitement en fonction du statut de la ménopause 

  • Hormonothérapie pour la femme non ménopausée

Le médicament de choix pour la femme atteinte de cancer du sein hormonodépendant est le tamoxifène prescrit pendant une période de 5 à 10 ans.

Après 5 ans, le médicament peut être parfois cessé mais en fonction du type de cancer et de son risque de récidive, le traitement peut se prolonger encore 5 autres années.

Si le traitement doit se prolonger, le tamoxifène sera prescrit à nouveau à la femme qui n’est pas ménopausée. Si elle est devenue ménopausée dans l’intervalle, l’oncologue pourra continuer le tamoxifène ou le changer pour un inhibiteur de l’aromatase.
 

  • Hormonothérapie pour la femme ménopausée
L’hormonothérapie prescrite aux femmes ménopausées est soit le tamoxifène soit un inhibiteur de l’aromatase pour une période de 5 à 10 ans.

Différentes approches peuvent être utilisées par les oncologues afin de proposer la médication la mieux adaptée à la condition de la personne. Parfois, une seule médication est utilisée pendant 10 ans et parfois, il y a des alternances entre les médicaments.


IMPORTANT!

​Les cancers de l’endomètre et de l’ovaire avancés peuvent aussi être traités par les différentes hormonothérapies décrites ci-haut, en thérapie unique ou en association avec un autre traitement.


Sources

Hormonothérapie pour le cancer du sein
Hormonothérapie
Hormonothérapie
Algorithmes d’investigation, de traitement et de suivi du cancer du sein
Les inhibiteurs du cycle cellulaire
VERZENIOMC (abémaciclib) sur le marché canadien pour le traitement du cancer du sein métastatique
(Vidéo) Chuis pas docteur : c'est quoi l'hormonothérapie? 

Les cellules cancéreuses du cancer de la prostate sont hormonodépendantes. Cela signifie que leur croissance est influencée par la présence d’hormones masculines que sont les androgènes. Les androgènes sont des hormones responsables de l’apparition des caractéristiques physiques mâles, comme la mue de la voix et l’apparition des poils au visage et au corps à la puberté. Les principaux androgènes sont la testostérone et la dihydrotestostérone (DHT). Elles sont produites par les testicules sous l’influence de la LHRH sécrétée par l’hypothalamus.

L’hormonothérapie du cancer de la prostate a pour but de bloquer l’action de ces hormones. On la nomme aussi traitement par privation androgénique ou traitement anti-androgénique ou castration chimique ou chirurgicale. Elle est principalement utilisée pour traiter les cancers de la prostate avancés, récidivants ou agressifs (dits de haut grade).

Objectifs de l’hormonothérapie 

  • Réduire la taille de la tumeur avant la radiothérapie (traitement néoadjuvant);
  • Augmenter l’efficacité du traitement pendant la radiothérapie;
  • Réduire le risque de progression du cancer après la radiothérapie ou la chirurgie (traitement adjuvant);
  • Soulager la douleur ou diminuer les symptômes d’un cancer avancé de la prostate (traitement palliatif).

L’oncologue évalue d’abord l’état de santé global de la personne ainsi que le type, le stade, le grade du cancer et le taux d’APS (PSA) (l’APS ou Antigène Prostate Spécifique est une enzyme produite par la prostate). Il décide ensuite si une hormonothérapie est indiquée et quelle forme elle doit prendre.

L’hormonothérapie est efficace pour ralentir la croissance du cancer de la prostate, mais ne peut le guérir. La durée de son efficacité est très variable d’une personne à l’autre. Parmi les hommes qui en prennent, 70 à 85 % obtiennent une bonne réponse au traitement pendant une période qui peut varier entre 1 à plus de 10 ans.  

L’administration d’une hormonothérapie peut être continue (sans interruption) ou intermittente (par période).
 

Indications de l’hormonothérapie intermittente 

  • Retarder la résistance à l’hormonothérapie (hormono-résistance);
  • Améliorer la tolérance au traitement;
Cette façon d’administrer l’hormonothérapie permet de cesser le traitement après un délai variable ou dès que le taux d’APS (PSA) diminue suffisamment. Lorsque le taux d’APS remonte, l’hormonothérapie est reprise et peut à nouveau être cessée temporairement si l’APS se normalise. Cela permet, à la fois, une meilleure tolérance au traitement et une meilleure qualité de vie.

Avantages de l’hormonothérapie 

  • Sans être curatif, c’est un traitement reconnu efficace pour le cancer de la prostate.
  • Agit sur le cancer de la prostate, peu importe où il se trouve dans le corps (métastases).
  • S’administre avec d’autres traitements afin de les rendre plus efficaces.
  • Permet de diminuer certains des symptômes du cancer de la prostate avancé.

Désavantages de l’hormonothérapie 

  • Peut causer des effets secondaires affectant la qualité de vie;
  • Certains effets secondaires sont permanents;
  • Son efficacité est d’une durée limitée variable selon les patients (résistance à la l’hormonothérapie).

Types de traitements

Il existe trois principaux types d’hormonothérapie pour le cancer de la prostate :

  • Les injections ou les implants pour bloquer la production de testostérone (castration chimique);
  • Les comprimés pour bloquer les effets de la testostérone;
  • La chirurgie pour enlever les testicules (castration chirurgicale).

Les types d’hormonothérapie les plus fréquemment utilisés 

  • Privation d’androgènes avec les analogues ou les antagonistes de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LHRH);
  • Les anti-androgènes;
  • La chirurgie.

Privation d’androgènes avec les analogues ou les antagonistes de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LHRH)

La LHRH est une hormone produite par l’hypothalamus qui est située à la base du cerveau. Cette hormone contrôle la sécrétion des hormones sexuelles. Les analogues (ou agonistes) et les antagonistes de la LHRH sont des médicaments qui agissent pour bloquer la production de la testostérone par les testicules (castration chimique) en agissant sur la production de la LHRH. La diminution du taux de testostérone ralentit la croissance des cellules cancéreuses de la prostate.
 
Les analogues de la LHRH les plus fréquemment utilisés sont :

  • Leuprolide (Lupron, Lupron Depot, Eligard);
  • Goséréline (Zoladex);
  • Triptoréline (Trelstar);
  • Buséréline (Suprefact).

Ces médicaments se donnent par injections régulières administrées en intervalles variables en fonction du médicament choisi. Ainsi, l’injection peut se faire à tous les mois, ou tous les 3, 4 ou 6 mois. Ce traitement peut se donner en continu ou de façon intermittente.

L’antagoniste de la LHRH employé pour traiter le cancer de la prostate est le dégarélix (Firmagon). On l’administre par injection une fois par mois.

Des prélèvements sanguins sont généralement prescrits pour surveiller le niveau de testostérone. Cela permet de s’assurer de l’efficacité de la suppression hormonale.

Les anti-androgènes 

Les anti-androgènes arrêtent la production des androgènes ou bloquent leur action. Ils se lient aux récepteurs d’androgènes situés sur les cellules cancéreuses de la prostate et empêchent celles-ci d’utiliser la testostérone pour croître.

Les anti-androgènes ne sont généralement pas employés seuls pour traiter le cancer de la prostate. Comme traitement principal du cancer de la prostate, ils peuvent être associés à une castration chirurgicale ou à un antagoniste de la LHRH (blocage androgénique combiné).

Ils sont aussi souvent combinés aux agonistes ou analogues de la LHRH  pendant une courte période afin d’atténuer une réaction de flambée tumorale temporaire (augmentation soudaine de la croissance du cancer), causée par ces médicaments au début de leur administration.

Les anti-androgènes peuvent être pris par voie orale sous forme de comprimés ou de liquide.

  • En traitement seul (rarement) (cancer de la prostate métastatique);
  • En traitement combiné avant de débuter les injections ou implants;
  • En traitement combiné en même temps que les injections ou implants;
  • Après la chirurgie pour enlever les testicules (castration chirurgicale).

Les types les plus courants sont :

  • Bicalutamide (Casodex);
  • Flutamide (Euflex);
  • Acétate de cyprotérone (Androcur);
  • Nilutamide (Anandron);
  • Acétate d’abiratérone (Zytiga) associé à la prednisone;
  • Enzalutamide (Xtandi).

Chirurgie 

Le traitement hormonal chirurgical pour le cancer de la prostate consiste à enlever les testicules. On l’appelle parfois castration chirurgicale. Le fait d’enlever les testicules permet de diminuer la quantité de testostérone dans le corps, ce qui réduit la progression de la plupart des cancers de la prostate.

C’est un traitement radical puisque la concentration en testostérone peut baisser de 90 à 95 %. Cette intervention se pratique en chirurgie d’un jour sous anesthésie régionale.

Deux techniques peuvent être utilisées :

  • La pulpectomie : conserve la paroi externe des testicules;
  • L’orchidectomie : tout le testicule est enlevé.


Sources

Les Corticostéroïdes 

Le cortisol est l’hormone naturelle sécrétée par les glandes surrénales sous l’action de l’hormone ACTH secrétée par la glande hypophyse. Il a différents rôles dont une action visant à diminuer la réaction inflammatoire.

Le cortisol de synthèse (fabriqué en laboratoire) comprend de nombreux médicaments utilisés en oncologie pour de nombreux cancers et de nombreuses indications dont :

Le traitement initial 

  • Médicament utilisé pour le traitement des cancers hématologiques tels que : leucémies, lymphomes, maladie de Hodgkin et myélome multiple en association avec des protocoles de chimiothérapie et de thérapie ciblée.

Le traitement de support 

  • Ils sont utilisés dans le but de contrôler les symptômes associés au cancer, à ses traitements et à son évolution;
  • Entre autres, ils sont parfois prescrits, en urgence, dans le traitement de l’hypercalcémie ou de compressions causées par la présence de métastases, principalement osseuses et cérébrales.

Le traitement en association à la chimiothérapie

  • Pour augmenter son efficacité;
  • En prévention de certains effets secondaires, tels que les nausées et les vomissements.

Types de corticoïdes de synthèse (médicaments) principaux 

  • Prednisone;
  • Dexaméthasone (Decadron, Dexasone);
  • L’hydrocortisone;
  • Méthylprednisone (Medrol).

L’hormone thyroïdienne

Sous l’action de la glande hypophyse qui secrète la thyréostimuline (TSH), dont le but est de stimuler la glande thyroïde, la thyroïde produit deux hormones :

  • la tri-iodothyronine ou T3;
  • la tétra-iodothyronine ou thyroxine, ou T4.

L’hormonothérapie est nécessaire pour toutes les personnes qui subissent une thyroïdectomie totale (retrait complet de la glande thyroïde) pour un cancer de la thyroïde.

Plusieurs types de cancers de la thyroïde sont hormonodépendants. Ça veut dire que les hormones thyroïdiennes favorisent la croissance des cellules tumorales. Le traitement hormonal fait donc partie des traitements indispensables après la chirurgie (résection de la glande thyroïde) et la radiothérapie à l’iode radioactif (iode 131).

Ce traitement hormonal consiste à prendre des hormones thyroïdiennes de synthèse sous forme d’un médicament : la lévothyroxine ou synthroïd.

Deux objectifs sont ciblés en fonction des doses de médication utilisées :

  • À dose normale, le traitement remplace l’action de la thyroïde et vise à maintenir une TSH (hormone hypophysaire régulant la glande thyroïde) à un taux normal : on parle d’hormonothérapie de remplacement.
  • À dose élevée, il agit pour empêcher la sécrétion de la TSH qui pourrait stimuler des cellules tumorales restantes : on parle de traitement antihormonal.

La lévothyroxine remplace les hormones naturelles qui étaient produites par la thyroïde avant qu’elle ne soit retirée lors de la chirurgie. Elle doit être prise à vie et des suivis et contrôles sanguins précis sont nécessaires afin de s’assurer du bon dosage.

Les analogues de la somatostatine 

Ce sont des médicaments qui ont pour but de faire baisser la quantité d’hormones produites et libérées par les tumeurs neuroendocrines (TNE).

Les tumeurs neuroendocrines ou carcinoïdes sont des tumeurs bénignes ou malignes qui se développent en général dans l’appareil digestif. Elles peuvent aussi affecter le pancréas, les poumons et plus rarement les testicules ou les ovaires. Ce sont des tumeurs qui croissent lentement. Comme ces tumeurs peuvent produire des forts taux de substances hormonales, cela peut parfois causer un syndrome carcinoïde.

Le syndrome carcinoïde se manifeste par un ensemble de symptômes tels que : bouffées de chaleur, crampes abdominales, troubles cardiaques et pulmonaires.

Pour contrôler ou prévenir les symptômes du syndrome carcinoïde, on utilise un analogue de la somatostatine. Le médicament le plus souvent employé se nomme octréotide (Sandostatin, Sandostatin LAR). Ce médicament est disponible sous 2 formes : à action rapide ou prolongée et s’administre sous forme d’injection intramusculaire.

Le progestatif 

Le progestatif de synthèse est le principal type d’hormonothérapie employé pour traiter le cancer de l’endomètre (corps de l’utérus). Le cancer de l’endomètre est un cancer hormonodépendant car la sécrétion d’œstrogènes par les glandes surrénales, après la ménopause en influence le développement et la croissance. En revanche, la progestérone a un effet protecteur. Le progestatif est donc un médicament qui agit comme la progestérone (hormone féminine) et qui ralentit la croissance des cellules du cancer de l’endomètre.

Les progestatifs suivants sont utilisés pour traiter le carcinome de l’endomètre et le sarcome de l’utérus avancé ou métastatique. Ils s’administrent en doses quotidiennes par la bouche ou en injection à action prolongée. Ces médicaments se nomment :

  • Médroxyprogestérone (Provera);
  • Mégestrol (Megace, Apo-megestrol, Nu-megestrol, Lin-megestrol).

D’autres médicaments déjà décrits dans cette chronique peuvent aussi être donnés pour traiter un cancer de l’endomètre avancé soit : les anti-œstrogènes, les agonistes de la LHRH et les inhibiteurs de l’aromatase.

Effets secondaires 

En prescrivant une hormonothérapie, l’oncologue a des objectifs précis et s’attend à obtenir des effets bénéfiques pour la santé oncologique. Ce traitement causera possiblement des effets secondaires qu’il est nécessaire de connaître. Ces effets varient d’une personne à l’autre, selon le médicament administré et en fonction de l’hormone visée par le traitement.

Au moment de débuter une hormonothérapie, il est recommandé de discuter avec le pharmacien communautaire qui aidera à identifier les effets secondaires les plus courants, et pourra proposer des moyens simples pour les atténuer.

Il est important aussi de savoir que les effets indésirables ressentis au début de l’hormonothérapie s’atténuent fréquemment avec le temps et affectent moins la qualité de vie. Pour cette raison, souvent l’oncologue voudra attendre quelques semaines avant de modifier une hormonothérapie générant des effets secondaires nombreux ou d’intensité modérée. Il proposera plutôt des alternatives pour les atténuer d’ici à ce que les effets s’atténuent naturellement. En revanche, un changement de médication sera envisagé si les effets secondaires ne diminuent pas avec le temps et affectent considérablement la qualité de vie.

Pour plus d’information, consultez notre rubrique sur la gestion des effets secondaires associés à l’hormonothérapie.
 
Au besoin, pour toute inquiétude face aux effets secondaires, il est recommandé d'en discuter avec le pharmacien communautaire, d'en informer l'équipe de soins ou de contacter l'infirmière pivot en oncologie (s'il y a lieu) ou les infirmières de la Ligne Info-cancer au 1 800 363-0063.

 


Sources

Hormonothérapie
Les principes généraux
L’hormonothérapie en pratique

 

Sources : autres thérapies hormonales utilisées en oncologie

Hormonothérapie du cancer de la thyroïde
Hormonothérapie du cancer de l’ovaire
Hormonothérapie du cancer de l'utérus
​Hormonothérapie pour les autres cancers
La corticothérapie
L'hormonothérapie - Cancer de la thyroïde
Traitement médicamenteux des tumeurs neuroendocrines (TNE)
Tumeurs carcinoïdes et syndrome carcinoïde

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