La chirurgie oncologique est la branche de la chirurgie qui porte sur l’étude du diagnostic et du traitement du cancer. C'est la forme la plus ancienne de traitement du cancer.

La chirurgie oncologique comprend l'ensemble des gestes chirurgicaux dont ont besoin les personnes souffrant d'un cancer :

Investigation – faire l'évaluation médicale lors d'une situation ou un cancer est suspecté
Diagnostic – préciser le type de cancer (biopsie)
Stade – déterminer le stade de la maladie
Traitement – guérir ou soulager les symptômes du cancer 

Le traitement chirurgical du cancer est le résultat d’une approche multidisciplinaire : tous les spécialistes impliqués dans le diagnostic et le traitement du cancer participent au choix du meilleur traitement.

Ainsi, les chirurgiens en oncologie font partie d'une équipe multidisciplinaire composée de plusieurs professionnels. Ils doivent posséder une formation spécialisée et une expertise en oncologie.

Considérée comme un traitement dit local, la chirurgie peut être utilisée seule ou en combinaison avec d'autres traitements comme la radiothérapie ou la chimiothérapie.

Il y a différents types de chirurgie oncologique en fonction de l’objectif visé par l’intervention. Elles se distinguent par les catégories suivantes :

La chirurgie diagnostique

La chirurgie diagnostique vise à apporter des éléments contribuant à poser le diagnostic. Le geste chirurgical habituellement employé est la biopsie. La biopsie consiste à faire le prélèvement de cellules ou de tissus pour les analyser ensuite au microscope.

Cette analyse, appelée analyse anatomopathologique, permet de déterminer s'il y a des cellules cancéreuses. Si des cellules cancéreuses sont trouvées, le spécialiste détermine alors le type de tumeur.

La chirurgie prophylactique ou préventive

On appelle chirurgie prophylactique la chirurgie pratiquée pour prévenir le cancer. Elle consiste à enlever un organe avant qu’un cancer ne s’y développe.

La chirurgie préventive est envisagée pour certaines personnes qui sont atteintes de maladies ou de mutations génétiques qui augmentent fortement le risque de développer un cancer.

La chirurgie à visée curative

La chirurgie à visée curative a pour objectif de retirer la tumeur entière en respectant une marge de sécurité. La marge de sécurité est la partie qui entoure la tumeur. Elle sera analysée pour vérifier l'absence ou la présence de cellules cancéreuses. La taille de la marge de sécurité varie selon le type de cancer et l'emplacement de la tumeur.

On enlève aussi parfois des ganglions lymphatiques les plus proches de la tumeur pour vérifier si des cellules cancéreuse sont présentes ou pour éviter qu’elles s’y développent (les ganglions lymphatiques sont de petits organes qui jouent un rôle dans le système immunitaire).

La chirurgie à visée curative peut être radicale ou conservatrice :

  • Elle est dite radicale lorsque l'organe qui contient la tumeur est retiré dans son entier;
  • Elle est dite conservatrice lorsque le chirurgien conserve le rôle de l'organe ou son apparence. Dans ce cas, le chirurgien retire seulement une partie de l'organe. La chirurgie conservatrice n’est pas toujours possible. Elle dépend de différents facteurs comme le stade de la tumeur.
Le but de la chirurgie à visée curative est de trouver le juste équilibre entre un bon contrôle local de la maladie (c'est-à-dire avoir enlevé tout le tissu atteint par la tumeur ou des cellules cancéreuses) et une qualité de vie préservée.

La chirurgie de réduction tumorale ou cytoréduction chirurgicale

Le but de cette chirurgie est de réduire la taille d'une tumeur quand on ne peut pas l'enlever complètement :
  • La tumeur est trop grosse;
  • Elle ne peut être enlevée complètement sans endommager les organes voisins. 
On enlève alors la plus grande partie possible du tissu cancéreux (cytoréduction chirurgicale). Une fois cette chirurgie pratiquée, un complément de traitement par radiothérapie et/ou chimiothérapie sera réalisé. Pour certains types de cancer, la réduction de la tumeur peut rendre la chimiothérapie et la radiothérapie plus efficaces.

La chirurgie de reconstruction

Certaines chirurgies oncologiques peuvent laisser des effets importants qui affectent la qualité de vie. La chirurgie reconstructrice ou réparatrice est un moyen de remédier à ces effets à long terme.

La chirurgie reconstructrice ou réparatrice a plusieurs objectifs :
  • Rétablir la fonction d'un organe ou une fonction physiologique;
  • Rétablir l'apparence physique;
  • Diminuer les effets secondaires d'autres traitements (après une radiothérapie par exemple). 
La reconstruction peut avoir lieu immédiatement après le retrait de la tumeur ou quelques semaines à quelques mois plus tard. Le moment choisi pour la chirurgie reconstructrice ou réparatrice dépend d'un certain nombre de critères, dont :
  • Le type de cancer;
  • Son étendue;
  • Les autres traitements prescrits;
  • Le souhait du patient. 
     

La chirurgie palliative

La chirurgie palliative vise à soulager les symptômes et améliorer la qualité de vie. À titre d’exemple, voici quelques situations qui illustrent bien la chirurgie palliative : 
  • Parfois, une tumeur qui s’est étendue comprime (écrase) des organes ou des tissus situés aux alentours de cette tumeur. La chirurgie peut réduire cette compression.
  • Créer une dérivation (un chemin artificiel) au niveau des voies respiratoires pour faciliter la respiration ou du tube digestif pour faciliter l'alimentation par exemple.
  • Différentes possibilités de traitements palliatifs par les voies naturelles respiratoires, digestives ou urinaires.
  • Solidifier un os qu’une métastase a rendu fragile peut permettre d’éviter une fracture et de soulager la douleur.
L'éventualité du recours à ce type d'intervention se pose parfois en situation d'urgence. La décision doit souvent être prise rapidement.

La chirurgie des cancers secondaires ou métastases

La chirurgie peut être utilisée pour procéder au retrait d'une métastase. Une métastase est une tumeur secondaire qui se développe dans un autre organe à partir de cellules cancéreuses qui proviennent de la tumeur primitive et qui se sont disséminées.

Une chirurgie des métastases est pratiquée notamment si :
  • Il y a présence d'une métastase unique ou si les métastases sont en nombre limité;
  • L'intervention peut augmenter la survie et parfois amener le personne en rémission;
  • L'état général de santé permet l'intervention chirurgicale;
  • La maladie est « localement contrôlée », c'est-à-dire qu'il n'y a pas de récidive ni d'extension locale. 

Les chirurgies de soutien aux traitements

La chirurgie est utilisée parfois pour soutenir les traitements ou les fonctions d’un organe affecté par les traitements. Voici quelques exemples de chirurgies dites de soutien :
  • Installation d’un cathéter veineux central sous la peau. On appelle souvent ce petit système un port-a-cath. Il permet de recevoir par voie intraveineuse (I/V), une chimiothérapie, des antibiotiques, des produits sanguins ou des éléments nutritifs.
  • Installation d’une gastrostomie d’alimentation (sonde dans l'estomac) pour les personnes qui ne peuvent plus boire ou manger.
  • Installation d’une trachéotomie (ouverture dans la trachée) pour permettre le passage de l’air lorsqu’il y a une obstruction ou un risque d'obstruction.

Aujourd'hui, plusieurs techniques chirurgicales sont utilisées. Le choix de la technique par le chirurgien dépend d'un certain nombre de critères :

  • Le type de cancer et son stade;
  • L'emplacement de la tumeur;
  • La taille de la tumeur;
  • Le but de la chirurgie;
  • L'état général de santé du patient et son souhait.

Les techniques chirurgicales les plus fréquemment utilisées sont les suivantes :

La chirurgie conventionnelle par voie ouverte

Elle procède par une incision qui peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres. Entre autres, on parle de laparotomie pour une ouverture de l'abdomen, de thoracotomie pour une ouverture du thorax.

La chirurgie endoscopique ou minimalement invasive

Elle utilise de petites ouvertures ainsi qu'un endoscope, instrument fin muni d'une caméra, qui permet de visualiser l'intérieur du corps sur un écran. L'endoscope est introduit dans le corps par les voies naturelles (bouche ou anus pour le tube digestif par exemple) ou par de petites incisions d'environ 1 cm.

Des instruments chirurgicaux adaptés sont passés à l'intérieur de tubes pour atteindre la zone à opérer en passant par les petites incisions. Selon la zone du corps concernée, l'endoscopie prend des noms différents :
  • La laparoscopie concerne la cavité abdominale et permet de visualiser et d'opérer des organes de l'appareil digestif, gynécologique et urologique;
  • La thoracoscopie permet la visualisation et l'intervention au niveau du thorax.

La chirurgie au laser

Cette forme de chirurgie détruit les cellules cancéreuses grâce a l'action d'une lumière intense délivrée par un laser. Dans le cadre d’un traitement du cancer, la chirurgie au laser peut être utilisée pour :
  • Détruire les cellules cancéreuses;
  • Enlever une tumeur ou du tissu anormal situé à la surface ou près de la surface d’un organe ou de la peau;
  • Soulager des symptômes causés par la tumeur, comme des saignements, de la douleur, un essoufflement ou une obstruction.
​La chirurgie au laser ne peut pas être employée pour traiter tous les types de cancer. Elle peut être utile dans les cas suivants :
  • États précancéreux du col de l’utérus comme la néoplasie intra-épithéliale cervicale (CIN) et le carcinome in situ du col de l’utérus;
  • Cancer de l'œsophage;
  • Cancer des cordes vocales;
  • Cancer du poumon;
  • États précancéreux du vagin ou de la vulve;
  • Cancer du pénis;
  • Tumeurs de la peau non cancéreuses.

La chirurgie robotique

On la nomme aussi chirurgie laparoscopique assistée par robot ou chirurgie assistée par ordinateur (CAO). Lors d’une chirurgie robotique, le chirurgien est assis à un poste situé près du patient qui est couché sur la table d’opération. Il utilise un ordinateur pour déplacer les bras robotiques fixés à des instruments chirurgicaux qui se trouvent dans le corps de la personne.  Le robot permet de produire des gestes très précis.
 

Sources

Oncologie chirurgicale
Un traitement local
Quelques mots sur la chirurgie oncologique
Chirurgie : types et objectifs
Traitement chirurgical

Les informations ci-dessous décrivent un portrait général de la préparation à une chirurgie, que celle-ci soit oncologique ou non. Cependant, les procédures décrites peuvent différer d’un milieu de soin à un autre.

Types d’anesthésie

Une chirurgie peut être réalisée dans le bureau du médecin, en consultation externe à l’hôpital ou dans une salle d’opération. Elle peut être pratiquée sous différents types d’anesthésie :

1- Locale 

Type d’anesthésie temporaire qui permet d’engourdir une zone spécifique du corps afin que la chirurgie ne cause pas de douleur. Le principe est de bloquer temporairement la conduction nerveuse dans une zone précise, pour empêcher les sensations douloureuses. Plusieurs prélèvements ou biopsies peuvent être réalisés de cette façon.

 2- Loco-régionale 

Type d’anesthésie qui consiste à arrêter de manière temporaire la transmission des messages nerveux dans une zone du corps afin d’y pratiquer une intervention chirurgicale. Le principe est d’injecter des anesthésiques locaux au voisinage d’un nerf, d’un groupe de nerfs ou de la moelle épinière pour insensibiliser une région du corps. La personne ne ressent plus rien dans la partie du corps visée, mais reste dans un état de conscience.

3- Générale

Type d’anesthésie qui amène un état comparable au sommeil. Elle est produite par l’injection de médicaments dans le sang (perfusion intraveineuse) ou par la respiration. Ainsi, l’anesthésie générale fait perdre conscience pendant l’intervention chirurgicale. La personne ne ressent rien et n’a aucun souvenir. Le réveil est progressif et généralement en douceur.
 
Le type de chirurgie effectué, le type d’anesthésie utilisé et l’état de santé global de la personne déterminent le choix d’une chirurgie d’un jour avec retour à la maison le jour même ou avec hospitalisation. Cette dernière peut-être de très courte durée, soit de un à deux jours ou plus longue, d’une à deux semaines et plus.

Le chirurgien et l’équipe de soins renseignent sur les sujets suivants :
  • Ce qui se passe avant la chirurgie et comment se préparer à l’intervention;
  • Comment se déroule l’intervention et la durée prévue de celle-ci;
  • Le type d’anesthésie qui sera utilisé;
  • Les effets possibles à la suite de l’intervention, le genre de suivi nécessaire et la durée probable de la convalescence;
  • Les principaux risques associés à l’intervention.
Divers tests et examens sont fréquemment demandés par le chirurgien avant une chirurgie. Ces examens dépendent de la chirurgie à effectuer, de l’état de santé de la personne et de ses antécédents médicaux. L'anesthésiste peut également exiger des examens.

Que la chirurgie se réalise en chirurgie d’un jour ou avec hospitalisation, il est recommandé afin de prévenir les complications :
  • De cesser de fumer (idéalement 6 semaines avant la chirurgie) : la nicotine retarde la cicatrisation et augmente les risques d’infection des poumons;
  • Diminuer ou arrêter la consommation d’alcool : certains médicaments pris avec l’alcool causent des effets indésirables;
  • Cesser les produits naturels deux semaines avant la chirurgie. 

Temps d’hospitalisation

Chirurgie d’un jour 

Lorsque la chirurgie se réalise en chirurgie d’un jour avec retour à la maison le soir même, une rencontre téléphonique ou en personne est réalisée avec une infirmière. Celle-ci recueille les informations pertinentes au dossier, offre un enseignement personnalisé sur la chirurgie à venir et la période post-opératoire (après l'opération). Elle s’assure aussi que tout soit prêt pour le jour de la chirurgie. Si des examens sont nécessaires, ils seront effectués lors de cette rencontre ou dans les jours qui suivent en fonction de la date prévue de la chirurgie. Des consignes de préparation préopératoire telles que la période de jeûne demandé ou la prise de médicaments seront données. Parfois, un guide d’enseignement sur la chirurgie peut être remis.

La veille de la chirurgie (le vendredi si la chirurgie est prévue le lundi), un appel téléphonique informera la personne de l’heure présumée de la chirurgie et de l’heure à laquelle elle doit se présenter au département de la chirurgie d’un jour. Le jour de la chirurgie, la personne se présente à l’heure dite et devra généralement être à jeun (consignes précises à vérifier). Elle devra avoir suivi les consignes de préparations telles que la douche ou le bain, le retrait du maquillage et du vernis à ongle de même que la prise de médicaments s’il y a lieu. Une infirmière se chargera des derniers préparatifs avant la chirurgie.

Après la chirurgie, la personne retourne en salle de chirurgie d’un jour pour un temps variable de recouvrement. Une infirmière prendra ses signes vitaux régulièrement et s’assurera de la bonne récupération à court terme. Souvent le chirurgien fera une visite pour donner des informations sur la tenue de la chirurgie et précisera les consignes de convalescence et de suivi post-opératoire.

Lors du retour à la maison, la personne opérée devra être accompagnée et l’accompagnateur ou une autre personne devra rester avec la personne opérée jusqu’au lendemain matin afin d’assurer sa sécurité.

Chirurgie avec hospitalisation 

En général, la préparation préopératoire d’une chirurgie avec hospitalisation se réalise sur une unité de soins préopératoire. Une infirmière réalisera une collecte de données et offrira un enseignement personnalisé. Les examens demandés de même que les consultations médicales avec d’autres spécialistes, au besoin, seront également réalisés lors de cette journée de préparation. Des consignes préopératoires orales ou écrites et les guides d’enseignement sur la chirurgie si disponibles, seront remis lors de cette journée. Il arrive parfois que la personne doive se présenter sur deux jours si plusieurs examens ou consultations sont nécessaires. Le but de cette procédure est que la personne soit prête à subir la chirurgie de façon optimale et sécuritaire. 

La veille de la chirurgie (le vendredi si la chirurgie est prévue le lundi), un appel téléphonique informera la personne de l’heure à laquelle elle doit se présenter au département de soins préopératoires ambulatoires.

Le matin de la chirurgie, la personne doit se présenter à l’heure prévue et elle sera prise en charge par une infirmière qui assurera les derniers préparatifs. Elle devra être à jeun (consignes précises à vérifier) et avoir suivi les consignes de préparations telles que la douche ou le bain, le retrait du maquillage et du vernis à ongle, la préparation intestinale s’il y a lieu, de même que la prise de médicaments si prescrit.

En prévision de l’hospitalisation, la personne doit préparer une petite valise bien identifiée à son nom pour ses effets personnels. À cet effet, il faut suivre les consignes données par le personnel infirmier quant aux articles recommandés à apporter.

La période de temps passée au bloc opératoire avant de retourner à la chambre en post-opératoire peut être très variable et souvent beaucoup plus longue que le temps présumé de la durée de l’opération. En effet, au temps opératoire, il faut ajouter le temps de l’installation de l’anesthésie, le temps de recouvrement à la salle de réveil et l’attente difficilement contrôlable que le lit qui doit accueillir la personne opérée soit prêt à la recevoir. 
 
Que la chirurgie se réalise en chirurgie d’un jour ou avec hospitalisation, il est primordial d’informer le personnel infirmier des unités préopératoires de tout changement dans l’état de santé et de toute modification dans la médication qui survient entre la journée de préparation et la journée de l'opération.

Rencontrer le chirurgien après l'opération

Pour les proches, la période opératoire est source d'inquiétude et plusieurs souhaitent avoir des nouvelles dès que possible. Il arrive souvent que les chirurgiens rencontrent les proches après la chirurgie. Afin d'obtenir une rencontre avec le chirurgien, il est recommandé d'en faire la demande directement à celui-ci. Si cela est possible, il expliquera la procédure et l'heure approximative d'une rencontre après l'opération.
 

Sources

Guide d'accompagnement et d'enseignement conçu pour les patients devant subir une chirurgie, CHU de Québec
L'anesthésie locale
L'anesthésie loco-régionale
Information médicale sur l'anesthesie

Les soins post-opératoires commencent à la fin de l'opération et se poursuivent en salle de réveil, en salle de chirurgie d’un jour, selon le cas, tout au long de l'hospitalisation et se prolongent lors du retour à la maison et la période de convalescence.

Le but principal des soins post-opératoires est d’aider l'organisme de la personne à retrouver son équilibre. La surveillance post-opératoire répond à  trois objectifs :

  • Veiller à la sécurité de la personne et à son confort au retour de la salle d’opération;
  • Permettre une récupération optimale et la plus grande autonomie possible;
  • Prévenir les éventuelles complications dues à l’intervention.

Immédiatement après l'opération, selon le type de chirurgie, l'équipe médicale vérifie notamment :

  • Les fonctions respiratoires, cardiaques et rénales (par la prise régulière des signes vitaux, de la saturation en oxygène, de l’élimination urinaire et par l’observation et la surveillance des signes de complication);
  • La plaie, le pansement, les drains, les perfusions intraveineuses et la sonde urinaire qui ont éventuellement été posés;
  • La présence de douleur et son intensité dans le but de bien la soulager;
  • L’état mental et émotionnel.

Des examens de contrôle tels qu’électrocardiogramme (ECG) ou prises de sang peuvent être demandés par le chirurgien ou un médecin consultant en fonction de l’état général de la personne et de ses antécédents médicaux.

Les phlébites aussi appelées thromboses veineuses profondes (TVP) (c'est-à-dire la formation d'un caillot dans une veine) sont surveillées et prévenues par l'administration d'un traitement préventif pour les personnes qui doivent rester allongées et immobiles de façon prolongée.

Contrôle de la douleur post-opératoire 

Il est normal d’avoir de la douleur après une opération. Elle est souvent plus forte dans les premières 24 à 48 heures et diminue peu à peu par la suite. L’équipe soignante est là pour aider la personne à obtenir le meilleur soulagement. L’infirmière évaluera la douleur tout au long du séjour à l’hôpital. Elle évaluera la douleur à l’aide d’une échelle de 0 à 10. La valeur « 0 » signifiant aucune douleur et « 10 » la pire douleur.
Exemple d’une échelle de douleur de 0 à 10 :


 
Il est important que la douleur soit soulagée. Cela aidera à récupérer plus rapidement et préviendra les complications. Lorsque la douleur est soulagée, il est plus facile de bouger et de circuler, de mieux respirer, mieux dormir et mieux manger.

Voici les types d’administration de médicaments qui pourront être utilisés pour le soulagement de la douleur après la chirurgie :

Analgésie contrôlée par le patient (ACP)

Médicament administré au besoin à l’aide d’une pompe reliée à la perfusion intraveineuse. Lorsque la douleur se manifeste, il faut appuyer sur le bouton de la manette reliée à la pompe. Une petite quantité de médicament sera alors injectée. Cette pompe est d'utilisation simple et sécuritaire. Elle est programmée pour ne pas dépasser la dose prescrite par le médecin.

Analgésie péridurale 

Médicament administré de façon continue à l’aide d’un cathéter installé dans le dos. Pour certaines chirurgies, telle que décrite précédemment, une manette reliée à la pompe qui administre la médication peut être utilisée au besoin.

Analgésie sous-cutanée 

Médicament administré à l’aide d’injections sous la peau prescrit au besoin à intervalles déterminées par le médecin. Il est recommandé de demander à l’infirmière cette médication dès que la douleur débute afin d’éviter qu’elle ne devienne trop forte et ainsi plus difficile à soulager.

Analgésie en comprimés par la bouche

Ce type de médicament pris par la bouche est utilisé dès que possible. Il doit aussi être demandé lorsque la douleur commence à se manifester. Cela permet à l’équipe soignante de s’assurer que ce médicament soulage bien avant le départ à la maison. Lorsqu’une personne quitte l’hôpital avec de la médication pour le soulagement de la douleur à la maison, c’est habituellement une analgésie en comprimés qui est prescrite. La médication analgésique qui est administrée en post-opératoire peut occasionner des effets secondaires, notamment des nausées et de la constipation.

Pour contrôler les nausées, le médecin prescrit de la médication qui sera administrée par l’infirmière au besoin, de là l’importance de lui mentionner cet effet indésirable.

En ce qui concerne la constipation, voici quelques consignes facilement applicables à la maison pour la prévenir et mieux la gérer au besoin, si permises par le médecin :

  • Boire beaucoup d’eau (6-8 verres par jour);
  • Manger des fruits, des légumes et des céréales à grains entiers;
  • Consommer des boissons chaudes : bouillon, soupe, tisane, thé faible pour aider à stimuler l’intestin;
  • Prendre des repas et des collations à des heures régulières;
  • Faire un exercice léger (marche après le repas).

Afin de prévenir les complications post-opératoires, des mesures seront prises par le personnel infirmier.

La mobilisation précoce 

Il est recommandé de bouger à toutes les deux heures lorsque la personne est couchée. Un premier lever est fait rapidement avec l’aide du personnel infirmier. Celui-ci utilise une technique du premier lever sécuritaire. Il est recommandé de bien suivre les consignes et éviter de tenter de se lever seul.

Les exercices respiratoires 

Ils favorisent l’élimination des secrétions après la chirurgie et permettent ainsi d’éviter les complications pulmonaires comme les infections respiratoires (pneumonies). Il est recommandé de les réaliser avec ou sans spiromètre (appareil qui aide à faire des inspirations maximales), 5 fois à toutes les heures selon la technique suivante : 

  • Sans appareil 

En position assise ou semi-assise, placer les mains sur le ventre.
Prendre une inspiration lentement en gonflant le ventre et retenir sa respiration pendant 3 secondes.
Expirer lentement par la bouche.
Si les exercices respiratoires causent de la douleur en raison d’une plaie au ventre, utiliser un oreiller ou une couverture pliée pour faire une pression sur la plaie lors des exercices ou si l'on tousse.

  • Avec spiromètre 

En position assise ou semi-assise, expirer pour vider complètement les poumons.
Placer l’embout de l’appareil dans la bouche.
Prendre une inspiration lentement et profondément pour faire monter la bille de l’appareil environ 3 secondes.

Exercices circulatoires 

Les exercices circulatoires aident à la circulation du sang et permettent de diminuer le risque de caillot de sang dans les veines (thrombophlébite). Il est recommandé de les pratiquer plusieurs fois à toutes les heures en utilisant la technique suivante :

  • En position couchée sur le dos, prendre une inspiration;
  • Pointer les pieds le plus loin possible et ensuite les tirer énergiquement vers le menton;
  • Expirer lentement.

Reprise de l’alimentation 

L’alimentation est reprise graduellement dès que possible en fonction du type de chirurgie et des précautions nécessaires s’il y a lieu. 

Hygiène 

Au besoin, de l’aide sera fournie pour les soins d’hygiène jusqu’à la reprise graduelle de l’autonomie.

Élimination urinaire et intestinale 

Pour certaines chirurgies, une sonde urinaire (tube souple dans la vessie pour vider l’urine) sera en place en post-opératoire. Elle peut être nécessaire de 24 heures à quelques jours. Cela permet de vider la vessie et de surveiller le fonctionnement rénal. 

Lorsque l’alimentation sera reprise graduellement, des gaz pourraient se manifester. Il est normal de ne pas avoir de selles les premiers jours.

Il est important d’aviser l’infirmière s’il est difficile ou impossible d’uriner et si de l’inconfort ou de la constipation se manifeste.

Programme de rééducation

Certaines opérations peuvent causer des séquelles temporaires ou permanentes ou des complications médicales qui nécessitent une rééducation. Celle-ci est débutée dès que possible en post-opératoire auprès d’intervenants spécialisés tels que des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des nutritionnistes ou autres. 

Enseignement des auto-soins 

Les auto-soins sont les soins que la personne se donne à elle-même (par exemple, les actions à faire soi-même pour favoriser la guérison d’une plaie).
Lorsque nécessaire, un programme d’enseignement d’auto-soins sera débuté par l’infirmière dès que la condition de la personne le permettra. Cela concerne souvent l'apprentissage de soins de plaie ou d’appareil de drainage (drain, sonde urinaire, soins de stomie, etc.) Ainsi, ces apprentissages seront mis en œuvre par la personne lors du retour à domicile après l’hospitalisation pour une durée variable, pouvant être temporaire ou permanente. Selon les besoins, certaines personnes pourront être référées au CLSC de leur région pour des soins ou une surveillance spécifique.

Retour à domicile 

Planification du retour à domicile 

La planification du retour à domicile débute dès la connaissance de la date de la chirurgie et de la convalescence prévue. Voici quelques recommandations afin de bien s’y préparer :

  • Aménager le domicile pour que tout soit facile pour la convalescence. Par exemple, faciliter la circulation en enlevant meubles ou objets non nécessaires. Prévoir des tables de chevet plus grandes près du lit et du fauteuil afin de pouvoir y déposer toutes les choses nécessaires au confort.
  • Si possible, il est recommandé de préparer des repas à l’avance et de les congeler. Ils seront prêts pour le retour à domicile.
  • Faire les achats nécessaires à l’épicerie et à la pharmacie.
  • Prévoir de l’acétaminophène (Tylénol) pour soulager la douleur après la chirurgie.
  • Avoir à domicile un thermomètre pour vérifier la température au besoin. 
  • Penser à planifier, au besoin, l’usage des services d’aide communautaires tels que : ménage, popote roulante, etc. Il est possible de trouver de l’information à cet effet en composant le 211 pour certaines régions couvertes par ce service ou en consultant la rubrique « Services sociaux et humanitaires » dans les pages jaunes du bottin.
  • Si l’aide à domicile est insuffisante ou si l’état général de la personne le nécessite, il est possible de réserver un séjour en maison de convalescence : des informations sont disponibles à cet effet sur la rubrique « Résidences pour personnes retraitées » dans les pages jaunes du bottin téléphonique ou sur le site Internet du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Retour à domicile et convalescence 

Dans les jours ou la veille précédant le départ, le personnel soignant ou le chirurgien avisera de la date possible du départ. Dès que la date prévue du départ est connue, il est important d’en aviser les proches afin de planifier le retour à domicile, l'accompagnement et le transport. Une personne devra rester sur place à domicile durant les premières 24 heures. La personne hospitalisée est responsable d’organiser son transport avec ses proches. Lorsqu’une personne quitte l’hôpital après une chirurgie, celle-ci est généralement en mesure de s’occuper d’elle-même au quotidien. Elle peut avoir besoin d’aide pour les activités domestiques telles que la cuisine, le ménage ou les emplettes.

Idéalement, le départ doit avoir lieu le plus tôt possible en avant-midi. Voici quelques questions importantes à clarifier avant de partir :

  • Médication antérieure à cesser, reprendre ou à poursuivre?
  • Si nouvelle médication, à prendre pour quelle période précise?
  • Quand planifier le rendez-vous de suivi avec le chirurgien?
  • Quand revoir son médecin de famille? Demander un résumé de l’hospitalisation à lui envoyer.
  • Prescriptions pour médication, soins de plaie ou intervention soins infirmiers spécifiques
  • Quand prendre une douche? Un bain?
  • Quand reprendre les activités habituelles et sportives?
  • Quand reprendre la conduite automobile?
  • Quand reprendre le travail?

Avant de quitter l’hôpital, avoir en main ses cartes d’assurance maladie et d’hôpital, les prescriptions médicales et les médicaments personnels, s’il y a lieu.

Le personnel soignant fournira des consignes claires, écrites ou verbales. Les renseignements doivent être personnalisés en fonction de la personne et de la situation clinique. Entre autres, il conseillera le patient ou la personne aidante sur les signes et symptômes à surveiller et, selon le cas, à aviser ou consulter. S’il y a une demande de soins à domicile, une infirmière de liaison informera la personne du suivi prévu et de la date de la première visite de l’infirmière à domicile.

Soulagement de la douleur à domicile

L’équipe soignante donnera les consignes d’utilisation des analgésiques et une prescription au besoin. Il est important de soulager la douleur. Celle-ci s’atténuera graduellement, et conséquemment la prise de médication analgésique diminuera également jusqu’à cesser. Dès que possible, lorsque la douleur sera moins forte, et autant qu’il soit efficace, privilégier la prise d'acétaminophène (Tylénol) plutôt qu’un autre analgésique. Bien suivre la posologie prescrite ou recommandée.

Plaie et pansement 

Pour les soins de plaie, de pansement ou d’exercices de récupération post-opératoire, il faut suivre le guide d’enseignement de la chirurgie ou les consignes spécifiées par le personnel soignant. Pour des soins plus compliqués, une demande de soins peut être faite au CLSC. Le personnel infirmier se déplacera à domicile pour les personnes en perte d’autonomie, mais les personnes pouvant se déplacer seront rencontrées sur rendez-vous dans les bureaux du CLSC.

Pour une période de 12 mois, il faut éviter que la plaie chirurgicale soit exposée au soleil.

Hygiène 

Suivre les consignes du chirurgien et du guide d’enseignement de la chirurgie. Il faut éviter de mouiller la plaie tant qu’elle n’est pas complètement fermée. Il faut s’assurer de connaître les consignes précises en ce qui concerne la douche ou le bain.

Activités physiques 

Suivre les consignes du chirurgien ou du guide d’enseignement de la chirurgie. Éviter les efforts et activités physiques intenses. Les activités physiques sont essentielles à la récupération et au renouvellement de l'énergie, mais doivent reprendre graduellement afin de maintenir un équilibre entre l'activité et le repos nécessaire à la convalescence. Plusieurs petites périodes d’activités sont préférables à une seule longue afin d'éviter le surmenage. Consultez au besoin nos kinésiologues.

Retour au travail

Le médecin indiquera quand le travail pourra être repris. En prévision de l'arrêt de travail pour convalescence, prévoir les documents d'assurances exigés par l'employeur afin qu'il puissent être complétés par le chirurgien. Lorsque la personne est apte à reprendre le travail, il est recommandé de bénéficier des programmes de retour progressif si disponibles au sein du milieu de travail. Au moment opportun, le chirurgien devra préciser les modalités du retour au travail progressif.

Complications à surveiller

Appeler Info-Santé (composez le 811), l'infirmière pivot en oncologie (s'il y a lieu), l'infirmière de la Ligne Info-cancer (au 1 800 363-0063) ou se présenter à l’urgence si un ou plusieurs signes suivants se présentent :

  • Douleur qui augmente même avec les médicaments;
  • Signes d’infection de la plaie tels que : rougeur qui semble augmenter, gonflement, écoulement de pus, douleur, chaleur;
  • Fièvre : lorsque la température buccale d'un adulte âgé de moins de 65 ans = 38,5°C et plus (ou 101,3°F et plus) ou d'un adulte âgé de 65 ans et plus = 37,8°C et plus (98,6°F et plus);
  • Présence de beaucoup de sang sur les pansements;
  • Incapacité de boire ou de manger;
  • Vomissements;
  • Sensation de brûlure en urinant;
  • Difficulté ou incapacité à uriner;
  • Constipation non résolue par consignes du personnel reçues au départ;
  • Enflure ou douleur à un mollet qui augmente à la marche;
  • Essoufflement (souffle court);
  • Douleur au thorax;
  • Autres signes et symptômes du guide d’enseignement spécifique à la chirurgie s’il y a lieu. 

En cas d’urgence, composez le 911. 

Durée de la convalescence 

La convalescence est le temps pendant lequel se réalise le rétablissement, le retour progressif à la santé après l’opération. Sa durée est très variable entre quelques semaines à quelques mois. Elle varie en fonction de l’âge et la santé globale de la personne, du type de chirurgie, de la réadaptation nécessaire et du type d’anesthésie. Toutefois, quelle que soit l’opération pratiquée, il est normal de ressentir de la fatigue. Le corps mobilise des ressources afin de travailler à la guérison et cela exige beaucoup d’énergie. Il faut donc se reposer et reprendre graduellement les activités en fonction de l’énergie disponible. Au besoin, pour toute inquiétude devant une fatigue prolongée, il est recommandé d'en informer l'équipe de soins ou de contacter l'infirmière pivot en oncologie (s'il y a lieu) ou les infirmières de la Ligne Info-cancer au 1 800 363-0063.
 

Sources

Le congé et le suivi en période postopératoire
Suivi post-opératoire
Soins post-opératoires
Surveillance post-opératoire
Les exercices respiratoires apres une operation
Spirométrie incitative
 

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