Les traitements d’immunothérapie en oncologie peuvent causer des effets secondaires souvent très différents des effets secondaires associés aux thérapies contre le cancer telles que la chimiothérapie ou la radiothérapie.

Au Québec, un outil de suivi des effets secondaires est mis à la disposition des patients traités en oncologie. Il s’agit du passeport en oncologie qui est à la fois un agenda, un recueil de ressources et un outil de suivi des effets secondaires. Il est fortement recommandé de l’utiliser. Il est habituellement remis aux patients en clinique d’oncologie, mais il est aussi possible de le commander en ligne.
 

Effets secondaires des inhibiteurs des points de contrôle immunitaire 

Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire sont les médicaments d’immunothérapie spécifique les plus utilisés en oncologie. Ils peuvent causer des effets secondaires liés à une réaction du système immunitaire qui peut se révéler excessive. Cela peut causer une inflammation de certains organes du corps et produire des réactions dites auto-immunes (l’attaque des cellules saines par le système immunitaire qui les reconnaît à tort comme étrangères).

Bien que ces effets secondaires soient en majorité légers et réversibles, on ne doit pas les minimiser. Les patients qui recevront une immunothérapie pour traiter un cancer doivent être informés des effets secondaires potentiels et de l’importance d’aviser rapidement l’équipe de soins de façon à pouvoir intervenir précocement en fonction du degré de sévérité.

Certains organes dont la peau, le système digestif, les poumons et les glandes endocrines sont plus sensibles à l’immunothérapie. Ces effets indésirables peuvent survenir à tout moment pendant le traitement, parfois lorsque le traitement est terminé et même jusqu’à plusieurs mois après l’arrêt de l’immunothérapie. Les effets indésirables ne sont pas ressentis par tous ceux qui reçoivent l’immunothérapie et lorsqu’ils se présentent, leur intensité peut être très variable d’une personne à l’autre. On doit aussi retenir que la présence des effets indésirables et leur gravité ne signifient pas que l’immunothérapie soit efficace ou non.

Les effets secondaires peuvent varier en fonction du médicament reçu. Bien que cela soit rare, certains effets secondaires peuvent être permanents.

Les principaux effets secondaires des inhibiteurs de points de contrôle sont :
  • Fatigue;
  • Troubles cutanés : rougeurs, éruptions de la peau et démangeaisons;
  • Symptômes gastro-intestinaux : nausées-vomissements, perte d’appétit, diarrhée et douleurs abdominales (colite);
  • Troubles endocriniens : fatigue, perte de poids, soif ou appétit excessifs, miction (le fait d’uriner) excessive et/ou fréquente;
  • Symptômes respiratoires : essoufflement, toux, difficulté à respirer;
  • Neuropathies : engourdissements et picotements;
  • Autres symptômes moins fréquents :
    • maux de tête confusion,
    • faiblesse ou douleurs musculaires,
    • articulations douloureuses ou gonflées,
    • fièvre inexpliquée,
    • hématomes,
    • troubles de la vision (perte de vision, inflammation de l’œil).


Gestion et prise en charge des effets secondaires des inhibiteurs des points de contrôle immunitaires 

La plupart des effets secondaires sont légers, mais certains peuvent devenir graves et même menacer la vie dans de rares cas. Ceux-ci peuvent parfois nécessiter un traitement d’urgence. La stratégie la plus importante et la plus efficace pour la gestion des effets secondaires associés au traitement par inhibiteurs de points de contrôle est de les détecter tôt et d’agir le plus rapidement possible. Il est donc très important que le patient qui reçoit ce type d’immunothérapie avise l’équipe oncologique de tout nouveau symptôme ou toute aggravation de symptôme.

Les effets indésirables liés aux inhibiteurs de points de contrôle sont tous pris en charge en fonction des principes de base suivants :
  • Effets secondaires peu sévères ou modérés : traitement du symptôme sans interruption de traitement.
  • Effets secondaires modérés, mais persistants : traitement du symptôme et interruption temporaire du traitement jusqu’à la réduction ou la disparition des symptômes.
  • Effets secondaires graves ou très graves : interruption définitive du traitement. Parfois, reprise du traitement envisagé en fonction de certains critères de résolution rapide des symptômes. Consultation en médecine spécialisée en fonction de l’organe touché. Traitement par corticostéroïdes par voie I/V ou orale ou autres médicaments immunosuppresseurs (qui diminuent l’action du système immunitaire). Hospitalisation souvent nécessaire. 
Communiquez immédiatement avec l’équipe soignante ou présentez-vous à l’urgence si vous ressentez les symptômes suivants :
  • Diarrhée : plus de 6 selles molles par jour, accompagnées de sécrétions, ou sang et douleur abdominale;
  • Toux ou fièvre persistante;
  • Difficulté soudaine à respirer;
  • Rougeurs ou démangeaisons sur plus du tiers (30 %) du corps;
  • Rougeur oculaire, trouble de la vision;
  • Tout autre symptôme inhabituel ou nouveau.


Effets secondaires des anticorps bi-spécifiques (blitanumomab) 

Le blinatumomab est utilisé pour traiter la leucémie lymphoïde aiguë. Les effets secondaires qu’il présente sont différents de ceux qui sont occasionnés par les chimiothérapies. Ces effets sont pour la plupart modérément sévères à sévères, mais relativement bien tolérés. Ils se manifestent généralement tôt dans la première semaine du premier cycle de traitement et sont légers et réversibles une fois le traitement cessé. Plus rarement, des effets secondaires graves peuvent se présenter et ceux-ci doivent être rapidement pris en charge.

En fonction de ces effets potentiellement graves, l’hospitalisation en milieu oncologique spécialisé est nécessaire pour tous les patients au début des deux premiers cycles. Pour la suite du traitement, la surveillance étroite effectuée par les intervenants de l’équipe d’oncologie ou l’hospitalisation est recommandée au début de tous les cycles suivants ainsi que lors de la reprise du traitement si ce dernier a dû être cessé pendant 4 heures ou plus. Lorsque le traitement peut être donné en clinique externe, il doit être administré par une pompe à perfusion. Des précautions strictes doivent être prises lors des changements de sacs et tubulures à perfusion afin d’éviter les erreurs de doses.

Effets secondaires les plus fréquents
  • Troubles du système immunitaire : Le syndrome de libération des cytokines (SLC) apparaît quand le système immunitaire réagit à la perfusion en produisant une grande quantité de cytokines (des substances produites en réaction aux pathogènes). Cela peut se produire lors des premiers jours des 2 premiers cycles de traitement. Les symptômes se présentent ainsi :
    • Fièvre et frissons,
    • Hypotension (baisse de la pression artérielle),
    • Douleurs musculaires et articulaires,
    • Vertiges,         
    • Maux de tête,
    • Rash (éruption) cutané,
    • Difficulté respiratoire.
Afin de prévenir cet effet indésirable, une médication à base de cortisone (dexhaméthadone) sera administrée avant le début de la perfusion à chaque cycle de traitement, lors des augmentations de doses et à la reprise de la perfusion après un arrêt de 4 heures et plus.
  • Infection bactérienne, fongique ou virale 
  • Neutropénie fébrile : Diminution des globules blancs neutrophiles qui s’accompagne de fièvre ou d’autres signes d’infection) 
  • Troubles hématologiques : Anémie (diminution des globules rouges), neutropénie (diminution des globules blancs neutrophiles) et thrombocytopénie (diminution des plaquettes sanguines) 
  • Troubles gastro-intestinaux : Diarrhée, nausées 
  • Pancréatite : Douleurs abdominales intenses, maux de cœur, vomissements et diarrhée. Ces symptômes peuvent être graves et doivent être mentionnés immédiatement à l’équipe de traitement.
  • Syndrome de lyse tumorale : Destruction rapide des cellules cancéreuses au début du traitement. Ce risque est élevé lors du traitement d’une leucémie aiguë
  • Troubles musculosquelettiques : Douleurs dorsales et osseuses 
  • Troubles du système nerveux : Ils sont fréquents, affectent environ la moitié des personnes et se présentent généralement dans les premiers jours suivant l’administration du médicament. Certains symptômes peuvent être graves et doivent faire l’objet d’une prise en charge immédiate. Ils peuvent se présenter par :
    • Des céphalées,
    • Des tremblements,
    • Des étourdissements et des pertes d’équilibre,
    • Des troubles de vision,
    • De la somnolence,
    • Une perte de conscience,
    • Des convulsions.
  • Éruption cutanée


Effets secondaires de la thérapie intravésicale au BCG 

Pendant les deux jours suivant chaque traitement, les effets indésirables peuvent se manifester ainsi:
  • Envie fréquente d’uriner;
  • Du sang dans les urines;
  • De la difficulté à vider complètement la vessie;
  • Une douleur légère à modérée dans le bas du ventre ou dans le bas du dos pendant la miction (action d’uriner);
  • Une irritation de la peau à la région génitale;
  • Une fièvre légère (entre 38° et 38,3 °C);
  • Des symptômes qui ressemblent à la grippe comme de la fatigue, des frissons, des céphalées et des douleurs à la gorge.
Ces effets secondaires disparaissent naturellement au cours de la première semaine suivant le traitement. Parfois certaines manifestations plus sévères nécessitent une intervention médicale.

Consultez l’équipe soignante ou présentez-vous à l’urgence si vous ressentez les symptômes suivants :
  • Difficulté ou incapacité à uriner;
  • Présence de saignements abondants dans l’urine ou si ceux-ci augmentent au lieu de diminuer;
  • Toux qui n’arrête pas;
  • Fièvre depuis 2 jours.


Effets secondaires de la thérapie CAR T-cell 

La thérapie CAR T-cell peut causer des effets secondaires importants. La majorité des patients traités vont présenter des effets secondaires graves. À court terme, deux effets secondaires peuvent se manifester. En premier lieu, un syndrome nommé syndrome de libération des cytokines (SLC) peut se produire dans les trois à neuf jours après l’injection des lymphocytes modifiés (CAR T-cell). Ceux-ci génèrent, par réaction du système immunitaire, une grande quantité de cytokines (substances produites en réaction aux pathogènes).

Les symptômes associés à ce syndrome sont :
  • Fièvre et frissons,
  • Hypotension, douleurs musculaires et articulaires, vertiges,         
  • Maux de tête,
  • Rash (éruption) cutané,
  • Difficulté respiratoire.
Ce syndrome peut aussi s’accompagner d’une insuffisance rénale, hépatique (du foie), pulmonaire ou cardiaque.

En second lieu, des effets secondaires de type neurologique peuvent aussi se présenter à partir du 5e jour après l’administration des CAR T-cells. Cela peut se manifester par des convulsions, des tremblements, des états de confusion, des difficultés d’élocution ou des pertes de connaissance.

Aussi, la chimiothérapie administrée en prétraitement entraîne souvent une diminution sévère des globules rouges, des plaquettes sanguines et des globules blancs, ce qui présente, entre autres, un risque accru d’infection grave.

Afin d’assurer la surveillance des patients après le traitement par CAR T-cells, l’hospitalisation en milieu oncologique spécialisé est requise. Il est essentiel que les oncologues et autres médecins spécialistes ainsi que le personnel soignant soient formés et aient les ressources nécessaires pour une surveillance et une prise en charge optimale des patients.
 

Effets secondaires les plus fréquents de l’interféron A et de l’interleukine-2 

  • Syndrome pseudo-grippal : fièvre, frissons, douleurs musculaires, céphalée;
  • Fatigue;
  • Symptômes gastro-intestinaux : diminution de l’appétit, diarrhée, nausées et vomissements, éruption cutanée;
  • Troubles hématologiques : anémie (diminution des globules rouges), neutropénie (diminution des globules blancs neutrophiles) et thrombocytopénie (diminution des plaquettes sanguines);
  • Troubles dépressifs.
Des symptômes plus graves peuvent rarement se manifester. Entre autres, des douleurs à la poitrine ou au niveau du ventre, de la toux et/ou une fièvre persistante plus de 24 heures et des difficultés soudaines à respirer doivent être prises en charge rapidement. Il est nécessaire de communiquer immédiatement avec un membre de l’équipe de soins ou de se présenter à l’urgence.
 

Particularité pour l’interleukine-2 

L’interleukine-2 I/V à haute dose peut causer des troubles graves tels qu’un œdème pulmonaire, une insuffisance rénale, de l’œdème généralisé générant une prise de poids sévère et un œdème cérébral. En fonction de ces effets potentiellement graves, l’hospitalisation en milieu oncologique spécialisé est requise afin d’assurer une surveillance continue pendant l’administration.

Pour information supplémentaire concernant la gestion des effets secondaires, consulter la rubrique sur la gestion des effets secondaires.

En tout temps, vous pouvez contacter une infirmière de la Ligne Info-cancer de la Fondation québécoise du cancer au 1 800 363-0063.

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