La maladie arrive dans une période déterminante pour les jeunes adultes. Ils sont en quête d’identité, d’autonomie, en pleine découverte des relations intimes, alors qu’ils vivent de nombreuses transformations physiologiques et psychologiques.

La suspension des études pendant les traitements, les temps d’hospitalisation dans un univers où les personnes âgées sont en plus grand nombre et l’éloignement des amis sont autant de raisons qui contribuent à faire naître un profond sentiment d’isolement chez les jeunes personnes atteintes de cancer. Elles doivent désormais compter sur leur entourage et certaines personnes doivent d’ailleurs retourner vivre chez leurs parents.

En tant que proche, vous pouvez faire une différence… Trouver les mots justes, poser les bons gestes, respecter les silences… Le rôle d’accompagnant est important et nécessite d’être bien informé, car le cancer est une maladie complexe qui se vit différemment d’une personne à une autre.

Des trucs pour aider à accompagner

Il n’existe pas de mode d’emploi rapide ou infaillible, ni d’étapes simples ou faciles à suivre pour soutenir une jeune personne qui vit avec le cancer. Mais les comportements qui suivent peuvent vous aider à mieux l’accompagner, en tant qu’ami, parent ou proche.

Soyez vous-même

  • Faites preuve d’ouverture et de franchise.
  • Discutez ouvertement de la place que la personne atteintes de cancer souhaite vous accorder dans son cheminement.
  • Acceptez de parler de ses projets d’avenir (il y a une vie pendant et après le cancer).

Respectez :

  • son intimité, particulièrement lors des périodes d’hospitalisation. Malgré de bonnes intentions, certaines personnes peuvent en faire « trop »;
  • son niveau d’énergie;
  • la façon dont elle décide de vivre chaque moment;
  • vos engagements;
  • la confidentialité, c’est à elle de choisir qui doit être au courant ou non;
  • ses émotions, acceptez de la voir pleurer, sourire et rire, accueillez ses craintes et ses angoisses;
  • son besoin d’autonomie, comme vous le faites en temps normal.

Comment soutenir la personne atteinte de cancer?

  • Offrez-lui une aide concrète en lui proposant des choix, car elle ne sait pas ce qu’elle est en droit de demander. Et ne soyez pas surpris que ses besoins changent de jour en jour.
  • Entourez-la de petites attentions.
  • N’hésitez pas à lui démontrer des signes d’affection. Les contacts physiques peuvent aider à se sentir apprécié, au-delà des mots.
  • Proposez de la transporter et de l’accompagner aux traitements.
  • Rendez-lui visite chez elle ou à l’hôpital. Si c’est possible, et si elle le souhaite, dormez avec elle à l’hôpital ou en hébergement.
  • Faites la fête avec elle quand c’est possible.
  • Invitez-la à un repas de groupe.
  • Maintenez le contact (téléphone, courriel, message texte, Skype, FaceTime, etc.).
  • Aidez-la à trouver des ressources fiables : sources d’informations, organismes communautaires, groupes de soutien.
  • N’hésitez pas à vous informer : Bibliothèque Info-cancer ‒ Collection Jeunes, 1 800 363-0063.
  • Bref, faites équipe pour mieux la soutenir.

Faites preuve d’ouverture

  • Exprimez-vous lorsque vous êtes triste, quant à vos angoisses, parlez-en plutôt à des proches ou à des intervenants.
  • Assurez-vous de la comprendre le mieux possible et d’être bien compris afin d’éviter les malentendus ou les mauvaises interprétations.
  • Laissez de la place à d’autres dans le soutien à apporter.
  • Si elle revient vivre au domicile parental, discutez ouvertement des règles à établir de part et d’autre.

Trop c’est comme pas assez

Il arrive parfois que notre soutien envers le jeune adulte atteint cancer n’aide pas autant qu’on pourrait le penser. Il est important de réfléchir à la portée de nos paroles et de nos gestes qui peuvent s’avérer maladroits alors qu’ils étaient remplis de bonnes intentions.

Ces quelques exemples vous éclaireront sur certains comportements à éviter.
  • Mettre en doute l’efficacité du traitement ou exprimer votre manque de confiance en l’équipe médicale.
  • S’immiscer de quelque façon que ce soit dans les traitements ou la médication recommandés par le personnel soignant.
  • Imposer des modèles à suivre, de tenir le coup et d’être positif tout le temps.
  • Couper les liens parce que vous ne savez pas quoi dire ou quoi faire.
  • Minimiser ou nier le cancer.
  • Raconter des blagues douteuses ou des anecdotes déprimantes.

La Fondation québécoise du cancer est là pour vous…

Pour aider l’entourage du jeune adulte atteint de cancer, la Fondation québécoise du cancer a développé une brochure qui dresse un portrait général du cancer chez les 15 à 39 ans et ouvre la voie vers plusieurs services offerts en fonction des besoins de chacun.

Informez-vous sur les services offerts aux jeunes adultes atteints de cancer en composant le 1 800 363-0063.

Empruntez gratuitement un ou plusieurs ouvrages sur le sujet en consultant notre répertoire.

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Hormonothérapie pour le cancer du sein

Présentation 

Le développement du cancer du sein est souvent influencé par certaines hormones présentes dans le corps comme l’œstrogène et la progestérone.
L’œstrogène et la progestérone sont les hormones responsables entre autres des attributs féminins à la puberté et du cycle menstruel. Elles sont sécrétées par les ovaires sous l’action des hormones FSH et LH orchestrées par les glandes hypophysaires et l’hypothalamus. L’hormonothérapie vise ici à réduire l’influence de ces hormones sur les cellules cancéreuses.

Avant de proposer une hormonothérapie pour le cancer du sein, l’oncologue s’assurera que ce traitement sera efficace. Pour le savoir, les cellules cancéreuses prélevées lors de la biopsie ou enlevées pendant la chirurgie seront minutieusement analysées. Cette analyse permettra de vérifier entre autres, si des protéines appelées récepteurs hormonaux sont présentes. Les cellules cancéreuses du sein peuvent avoir des récepteurs pour l’œstrogène (ER+), la progestérone (PR+) ou les deux. Lorsqu’une cellule cancéreuse possède ce type de récepteur, elle peut croître en présence de l’hormone. L’analyse permet de préciser la présence ou non de récepteurs hormonaux de chaque type (œstrogène et progestérone) ainsi que leur quantité au sein de la cellule cancéreuse. L’hormonothérapie sera proposée comme traitement seulement si les récepteurs hormonaux du cancer du sein sont positifs. Le traitement consiste en la prise d’un médicament qui bloque la production hormonale, ou qui bloque son action. Il se prend le plus souvent par voie orale (par la bouche).

Plus des deux tiers de tous les cancers du sein contiennent des récepteurs d’œstrogènes, de progestérone, ou les deux. Ils sont dits hormonodépendant.
 

Objectifs de l’hormonothérapie 

  • Diminuer le risque qu’un cancer du sein hormonodépendant non infiltrant (in situ) évolue vers un cancer du sein infiltrant;
  • Diminuer le risque de récidive d’un cancer du sein hormonodépendant infiltrant;
  • Diminuer une grosse tumeur du sein hormonodépendante avant la chirurgie;
  • Traiter un cancer du sein hormonodépendant localement avancé ou qui a récidivé;
  • Soulager la douleur ou contrôler les symptômes d’un cancer du sein hormonodépendant avancé, ou métastatique.

Critères influençant le choix d’une hormonothérapie et la durée de traitement :

  • Antécédents médicaux;
  • Statut ménopause (femme ménopausée ou non);
  • Stade et grade du cancer;
  • Risque de récidive potentiel.            

Une hormonothérapie peut être parfois associée à un inhibiteur de cycle cellulaire (un médicament qui empêche les cellules de se multiplier) dans le traitement des cancers du sein hormonodépendants avancés ou métastatiques.

Le type de médicament, la dose prescrite, son association à un second médicament et la durée du traitement sont adaptés à chaque situation.
 

Avantages de l’hormonothérapie 

  • Traitement reconnu efficace pour diminuer le risque de récidive du cancer du sein;
  • Il agit sur le cancer du sein tant au niveau local qu’au niveau des métastases;
  • Peut s’administrer avec d’autres traitements afin de les rendre plus efficaces (cancers avancés ou récidivants);
  • Permet de soulager certains des symptômes du cancer du sein avancé.

Désavantages de l’hormonothérapie

  • Peut causer des effets secondaires affectant la qualité de vie;
  • Certains effets secondaires sont permanents.

Types de traitements

La majorité des traitements hormonaux consistent en la prise d’un médicament. Les deux types de médicaments les plus souvent administrés pour traiter le cancer du sein sont les anti-œstrogènes et les inhibiteurs de l’aromatase.
 

Les anti-œstrogènes

Ce sont des médicaments qui se fixent directement aux récepteurs des œstrogènes sur les cellules cancéreuses. Ils bloquent ces récepteurs dans le but d’empêcher les cellules cancéreuses d’utiliser l’œstrogène.

Tamoxifène

Le tamoxifène (Nolvadex, Tamofen) est le médicament anti-œstrogénique le plus souvent utilisé. Il est le médicament de premier choix pour les femmes non ménopausées. Il est également prescrit fréquemment aux femmes ménopausées.

Le tamoxifène augmente légèrement le risque de cancer de l’endomètre, de thrombose veineuse profonde (TVP) et d’accident vasculaire cérébral (AVC). C’est pourquoi les oncologues doivent évaluer les risques et les bienfaits de ce médicament avant de le proposer aux femmes qui ont des antécédents personnels ou d’importants antécédents familiaux de ces troubles de santé.

Fulvestrant

Le fulvestrant (Faslodex) est injecté par voie intramusculaire et est utilisé pour traiter les femmes ménopausées dont le cancer du sein s’est développé après un traitement au tamoxifène. Il est aussi prescrit aux femmes ménopausées atteintes d’un cancer du sein localement avancé ou métastatique qui n’a jamais été traité par hormonothérapie.
 

Les inhibiteurs de l’aromatase

L’aromatase est une enzyme qui permet de fabriquer de l’œstrogène par d’autres organes que les ovaires, comme le tissu graisseux et les glandes surrénales. Ce sont des médicaments qui stoppent la production d’aromatase ou qui en bloquent l’action. Cela a pour conséquence de diminuer la présence d’œstrogène dans le corps.

Les inhibiteurs de l’aromatase sont prescrits uniquement aux femmes qui sont ménopausées. Ils ne sont pas efficaces chez les femmes non ménopausées car ils n’agissent pas sur les ovaires, où la plus grande partie de l’œstrogène est fabriquée avant la ménopause.

Ces médicaments sont administrés par voie orale (par la bouche).

Ceux qui sont prescrits le plus souvent pour traiter le cancer du sein hormonodépendant sont les suivants :

  • Létrozole (Femara);
  • Anastrozole (Arimidex);
  • Exémestane (Aromasin).

Cette classe de médicaments peut provoquer ou augmenter la perte de densité osseuse (ostéoporose). Par conséquent, les femmes qui reçoivent un inhibiteur de l’aromatase devraient aussi recevoir des suppléments de vitamine D et de calcium. La densité osseuse ainsi que le risque de fracture doivent être surveillés périodiquement. Ainsi, généralement les femmes doivent passer un examen qui mesure la densité des os (une ostéodensitométrie) avant de débuter le traitement. Par la suite, d’autres examens du même type doivent être faits avec des suivis réguliers, particulièrement pour les femmes avec des antécédents médicaux personnels ou familiaux qui les rendent à risque.
 

Analogues de l’hormone de libération de la lutéinostimuline (LHRH) 


Les agonistes (ou analogues) de la LH-RH sont des médicaments qui agissent pour stopper la fabrication des œstrogènes par les ovaires. Ils sont prescrits uniquement aux femmes non ménopausées. Cela cause une ménopause temporaire. Ils sont injectés par voie sous-cutanée pour une durée de 3 à 5 ans :

  • Goséréline (Zoladex);
  • Leuprolide (Lupron, Lupron Depot, Eligard);
  • Buséréline (Suprefact).

Ce médicament peut parfois être utilisé en association avec le tamoxifène ou un inhibiteur de l’aromatase chez les femmes encore non ménopausées après une chimiothérapie, entre autres chez les jeunes femmes âgées de moins 35 ans ou chez celles qui sont atteintes d’un cancer avec une atteinte ganglionnaire.
 

Traitements non médicamenteux

Une méthode d’hormonothérapie non médicamenteuse peut être utilisée chez des femmes non ménopausées. Cela consiste à intervenir directement au niveau des ovaires pour supprimer la production d’œstrogènes :

  • Enlever les ovaires par chirurgie (ovariectomie) est privilégiée pour les femmes plus âgées qui sont en préménopause et qui ne veulent plus d’enfants;
  • L’utilisation de la radiothérapie dans ce but est rare mais pourrait être proposée aux femmes qui ne peuvent pas être opérée.Ces techniques causent une ménopause permanente et irréversible.

Traitement en fonction du statut de la ménopause 


Hormonothérapie pour la femme non ménopausée 

Le médicament de choix pour la femme atteinte de cancer du sein hormonodépendant est le tamoxifène prescrit pendant une période de 5 à 10 ans.

Après 5 ans, le médicament peut être parfois cessé mais en fonction du type de cancer et de son risque de récidive, le traitement peut se prolonger encore 5 autres années.

Si le traitement doit se prolonger, le tamoxifène sera prescrit à nouveau à la femme qui n’est pas ménopausée. Si elle est devenue ménopausée dans l’intervalle, l’oncologue pourra continuer le tamoxifène ou le changer pour un inhibiteur de l’aromatase.
 

Hormonothérapie pour la femme ménopausée

L’hormonothérapie prescrite aux femmes ménopausées est soit le tamoxifène soit un inhibiteur de l’aromatase pour une période de 5 à 10 ans.

Différentes approches peuvent être utilisées par les oncologues afin de proposer la médication la mieux adaptée à la condition de la personne. Parfois, une seule médication est utilisée pendant 10 ans et parfois, il y a des alternances entre les médicaments.

Les cancers de l’endomètre et de l’ovaire avancés peuvent aussi être traités par ces différentes hormonothérapies décrites ci-haut, en thérapie unique ou en association avec un autre traitement.

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