Redoublons d'espoir 

De la douceur, de l’empathie et de l’espoir... Après l’année que nous venons de vivre, nous n’en aurons pas de trop. Et les personnes qui font face au cancer non plus.

En effet, si 2020 nous a tous ébranlés, imaginez ceux qui recevaient cette année un diagnostic de cancer. Doublement bousculant. Doublement déstabilisant. C’est ce qui est arrivé à Nicole, dont je vous invite à lire le témoignage qui suit plus bas.


Où trouver de l’espoir quand on ne peut sortir de chez soi ni recevoir? Dans une voix, au bout du fil. Dans une écoute, inconditionnelle. Dans le fait de savoir que l'on n'est pas seul.


Nos chiffres le démontrent d’ailleurs. Après une petite baisse au début de la pandémie, le temps d’accuser le coup et de se ressaisir, la demande pour notre service de jumelage téléphonique, qui met en contact survivants et personnes atteintes d'un cancer, a littéralement bondi, avec une hausse de plus de 50 % cet été. C’est dire combien nos services, qui n’existeraient pas sans vous, sont essentiels. Le gouvernement s’est empressé de le décréter en mars dernier. Et la réponse de la communauté nous le confirme chaque jour.

Une voix donc. Au bout du fil. Pour Nicole, ça aura été Jeanne. Elle l’appelle même sa jumelle. Pour une autre personne qui en a besoin, ce sera une autre voix. Celle d’une infirmière expérimentée en oncologie de notre Ligne Info-cancer, peut-être. Celle d’une de nos documentalistes, de nos nutritionnistes ou de nos psychologues.

Chacune à sa façon, ces voix apporteront de l’espoir aux personnes qui font face au cancer. Encore plus en cette période trouble.

J’aimerais terminer avec une bonne nouvelle, car ça aussi, nous en avons bien besoin. L’entreprise UAP (NAPA Pièces d’auto) a accepté de doubler tous les dons qui seront faits d’ici le 31 décembre, jusqu’à concurrence de 25 000 $. Une belle opportunité, s'il en est une, d’augmenter la portée de votre générosité.

D’avance, je vous remercie. Et je vous souhaite le meilleur dans les circonstances.

Ensemble, redoublons d’espoir.

 
Marco Décelles, CPA, CMA
​Directeur général
 

« J’ai une jumelle, mais je ne l’ai jamais vue. Je connais son prénom, mais pas son nom. »

Ça fait partie des conditions du jumelage téléphonique à la Fondation québécoise du cancer, mais ce n’est pas plus mal. Après tout, c’est son expérience et son écoute qui comptent le plus pour moi. Sa voix, son empathie, sa générosité…

Jeanne a eu le même type de cancer que moi, il y a quelques années déjà. Je ne suis donc pas une bibitte rare, et c’est rassurant pour moi de le savoir. Mais surtout, elle s’en est sortie!

La voir aujourd’hui, ou plutôt l’entendre, rétablie et en santé, ça me dit que c’est aussi possible pour moi, même si je ne suis pas encore rendue là. Ça permet de me projeter, d’une certaine façon.

Et j'ai envie de la croire quand elle me dit qu'après ce moment difficile, la situation va s’améliorer. Encore plus par les temps qui courent…

Vous savez, vivre le cancer dans son corps, ce n’est pas comme accompagner quelqu’un qui en est atteint. À mes yeux, Jeanne a une parole plus crédible et doublement rassurante, précisément parce qu’elle sait ce que c’est.

Sans doute, elle a vécu la perte d’équilibre, à l’annonce du diagnostic. Elle a ressenti l’incompréhension, devant la mer d’informations à intégrer. Elle a eu peur devant l’inconnu. Elle a eu mal. Elle a pensé à la mort, plus souvent que jamais auparavant. Elle a dû se battre pour être en mesure de faire des choix, en toute connaissance de cause.

Sachant qu’elle est aussi passée par tout ça, je me sens plus libre de parler de mes difficultés et de ce que je vis. Il n’y a pas la couche médicale qui teinte nos échanges, ni de pression ou d’attentes familiales.

Juste deux êtres humains séparés par un fil, qui partagent leur vécu parce que ça fait du bien. Je ne suis pas seule. Nous sommes au moins deux.
 

Nicole Moreau, bénéficiaire du jumelage téléphonique depuis mai 2020