Novembre 2018

Deux fois plutôt qu’une, le cancer a ébranlé notre monde, à Lulu et à moi. Mais deux fois plutôt qu’une, nous nous sommes relevés. Un peu plus forts, un peu plus humbles et beaucoup plus résilients.

Vous savez, ces amitiés qui sont imperméables au temps? On ne se voit pas si souvent, mais chaque fois que nos chemins se croisent, c’est comme si rien n’avait changé. J’ai ça avec mon amie Lulu. Elle fait partie des vrais. Des gens qui parlent avec le cœur. Et je peux vous dire qu’après la tempête par laquelle elle est passée, celle qu’on appelait la tornade blonde est plus inspirante que jamais…

La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était un après-midi d’automne, à l’invitation de la Fondation québécoise du cancer. Lulu avait fait face au cancer, deux fois plutôt qu’une. D’abord celui de sa mère, puis le sien, un mois plus tard. Et moi aussi, j’avais eu à accompagner un proche atteint par la maladie à deux reprises. Il y avait donc des similitudes dans nos histoires, et elle a généreusement accepté de nous livrer son témoignage. À moi; et à vous, par la même occasion.

Autour d’un thé, je lui ai parlé de mon implication avec la Fondation, de ses services et de ma volonté qu’ils soient plus connus. J’ai aussi parlé de mon expérience avec le cancer, en tant que proche aidant. Mais j’ai surtout écouté.


C’était la première fois qu’elle me racontait son histoire de A à Z. Nous avions eu des occasions de nous voir pendant ses traitements et après, pour une émission et dans le cadre d’activités de collecte de fonds pour la cause du cancer. Mais jamais nous n’avions eu un moment comme celui-là, où l’on se livre plus intimement.

« T’es forte en ta…» C’était plus fort que moi. J’écoutais cette parole vibrante et j’étais bouche bée. J’avais peine à concevoir à quel point c’était gros, ce qu’elle avait vécu. Je la savais forte sur scène. Mais là, mon amie avait dû l’être comme jamais, alors que son monde s’arrêtait de tourner.

« C’est comme si la Terre ralentissait au point de s’arrêter » m’a-t-elle dit, pour décrire le moment où elle a reçu son diagnostic.

Heureusement, elle avait eu de l’aide. Parfois de gens qu’elle n’aurait pas soupçonné, comme c’est souvent le cas : « Une amie est débarquée de France pour m’aider avec ma fille pendant que j’étais au chevet de ma mère, en plein temps des Fêtes. Une autre me tenait la main pendant que le liquide entrait dans mes veines. Et une autre me laissait des plats cuisinés sur mon balcon, pour me laisser me reposer. »

Bref, des anges gardiens s’étaient manifestés car c’était à leur tour de redonner.

« C’est pour toutes ces personnes qui n’ont pas cette chance et qui sont seules que j’ai choisi de parler aujourd’hui », m’a-t-elle confié. « Pour qu’elles sachent que la Fondation existe, et qu’il y a des gens ici qui ont une empathie énorme pour ce qu’elles vivent. »

L’empathie. Nous en avons parlé aussi. De cette capacité à accueillir la souffrance de l’autre tout en se préservant. À mon avis, c’est probablement la chose la plus difficile pour les proches des personnes atteintes de cancer, quand le sentiment d’impuissance nous dévore. Une autre raison pour laquelle la Fondation québécoise du cancer, qui offre toute une panoplie de services aux proches grâce à vos dons, est si essentielle…

Deux fois plutôt qu’une, le cancer a ébranlé notre monde, à Lulu et à moi. Mais deux fois plutôt qu’une, nous nous sommes relevés. Un peu plus forts, un peu plus humbles et beaucoup plus résilients.

Et aujourd’hui, à l’approche des Fêtes, j’ai envie de partager avec vous cette parole pleine d’espoir de mon amie :

« Moi, c’est maintenant ma job de redonner de l’espoir aux gens. Ces gens-là, pendant des années, ils achetaient mes billets, ils achetaient mes disques, ils me disaient que je suis belle et que je suis bonne. En fait, dans le non-dit, leur message c’était : Continue, on aime ce que tu fais! Mais là c’est à mon tour de leur dire : Continuez, vous allez vous en sortir. Parce qu’on s’en sort! »
 
D’avance, je vous remercie de faire un don de fin d’année à la Fondation québécoise du cancer. Merci… deux fois plutôt qu’une. Prenez soin de vous et de ceux que vous aimez.
 

Bruno Pelletier
Porte-parole bénévole de la Fondation québécoise du cancer