Mai 2019


J’ai l’air de rien comme ça. Ça paraît pas que je suis malade. Du moins pas tous les jours.

Pour vous dire vrai, ça me plaît bien que cet aspect de ma vie passe parfois inaperçu. Au boulot par exemple, ce n’est pas tout le monde qui connaît les raisons de mon congé prolongé, et depuis que j’y suis retournée, j’ai l’impression que ce petit secret me fait du bien. C’est bon de retrouver un semblant de normalité dans ma vie qui est tout sauf normale…


Au fait, j’ai un cancer incurable. À 27 ans.

Les tumeurs sont là, je les sens même parfois dans mon ventre. Et la science n’est malheureusement pas assez avancée aujourd’hui pour m’offrir un traitement qui en viendrait à bout. Le plan de mon oncologue? Chercher à le stabiliser. On en est là, en ce moment.

Je l’aime bien, mon oncologue. Il m’aide à relativiser tout ça. C’est lui qui m’a fait comprendre que ce n’est pas parce que je ne guérirai pas que je ne vivrai pas. Que je n’ai pas à me battre mais qu’il s’agit plutôt d’apprendre à cohabiter avec ce « coloc », question de profiter de la vie et de mon fils au maximum. Car se battre toute sa vie, c’est épuisant.


Ah oui, j’ai un fils. De 4 ans.

Quand j’ai appris mon diagnostic de cancer des ovaires il y a trois ans, j’ai mis toute mon énergie à le protéger.

J’ai aussi été forte pour mes parents qui apprenaient du jour au lendemain que leur fille avait un cancer, sans qu’il n’y ait aucun antécédent dans notre famille. Jusqu’à ce que je ne le sois plus, forte.

C’est là que la Fondation québécoise du cancer est entrée dans ma vie, et avec elle, des personnes qui sont devenues comme des membres de ma famille. Lorsque j’ai appris que j’étais en récidive cet été et que j’ai dû, cette fois, prendre mon courage à deux mains pour expliquer à mon grand ce qui se passait, je peux vous dire qu’ils ont été d’une aide inestimable.

Sur papier, il s’agit d’un groupe d’art-thérapie pour les jeunes de 15 à 39 ans vivant avec un cancer. Mais nous, on s’appelle affectueusement « la bande cancéreuse ». On est comme ça, on ne se prend pas au sérieux. On se réapproprie les mots, les étiquettes. Et l’autodérision fait définitivement partie de notre ADN.
 

Bien sûr, on ne fait pas que rire ensemble. On pleure, on rage, on se plaint, tous les mercredis. Et grâce à la magie de l’art-thérapie, on exprime souvent des émotions qu’on ignorait qu’on portait en nous. Ça fait un bien fou de se retrouver avec des personnes qui vivent la même réalité que soi. On se sent moins seul. Presque normal.

Si bien que nous avons l’intention, avec la bande et l’aide de la Fondation, d’organiser bientôt une séance d’art-thérapie pour nos proches, afin qu’ils puissent se rencontrer et profiter de ces bienfaits eux aussi. Nos « proches aimants », comme on préfère les appeler. Je vous ai dit qu’on aimait transformer les mots?

Avec le groupe d’art-thérapie du mercredi, je me suis retrouvée, alors que je m’étais perdue à vouloir protéger tout le monde autour de moi. Et aujourd’hui, je vous invite à offrir ça à une autre personne qui en aura besoin. Comment? En donnant à la Fondation québécoise du cancer, tout simplement.

J’aimerais que vous sachiez à quel point aucune aide n’est négligeable quand on fait face au cancer. Tout peut nous donner de l’espoir. Un massage qui nous permet d’oublier la douleur. Une activité d’art-thérapie qui nous fait sortir de notre tête. Une écoute pleine d’empathie. Des ressources pour nous faciliter la vie…

Votre don, lui aussi, est source d’espoir. Car on sait que derrière les services que l’on reçoit de la Fondation québécoise du cancer, il y a des milliers de personnes, comme vous, qui pensent à nous.

Merci de m’avoir lue. Merci de penser à nous. Et merci de votre générosité.


Caroline Nadeau
Bénéficiaire des services de la Fondation
En traitement pour la récidive d’un cancer des ovaires