Pré-requis :

  • Avoir reçu un diagnostic de cancer;
  • Avoir terminé les traitements depuis au moins un an;
  • Avoir des aptitudes pour l’écoute;
  • Avoir le désir d’aider, de soutenir, de transmettre de l’espoir en toute confidentialité dans le respect des différences propres à chacun, chacune;
  • Avoir une facilité à communiquer via le téléphone;
  • Avoir de la disponibilité sur une assez longue période et de façon soutenue;
  • Attentes de la Fondation québécoise du cancer;
  • Disponibilité pour une entrevue avec la coordonnatrice du jumelage téléphonique;
  • Disponibilité pour la formation et l’accompagnement personnalisé;
  • Respect des consignes et de l’éthique de l’organisme;
  • Confidentialité des échanges liés au jumelage téléphonique. 

Possédez-vous la fibre d’un écoutant ou d'une écoutante? (Vrai ou faux)

  1. Le respect des choix de vie d’une personne est une attitude favorable à l’écoute même si j’ai la certitude qu’elle se trompe.
    VRAI. Le défi de l’écoute demeure dans le respect de la personne peu importe ses choix de vie. L’écoute active consiste à se centrer sur la personne en laissant de côté nos propres préjugés ou valeurs, en faisant page blanche. Lorsque nous sommes confrontés à des idées ou des valeurs différentes des nôtres et qu’il nous est impossible de les mettre momentanément de côté, référer la personne à quelqu’un qui sera plus en mesure de répondre à ses besoins s’avère une sage initiative.
  2. Lorsque j’écoute une personne, il vaut mieux réduire au maximum les périodes de silence.
    FAUX. Les périodes de silence font partie de la communication et sont des moments privilégiés. Un silence parle beaucoup et n’arrive pas par hasard. La personne est peut-être en train de s’apprêter à dévoiler quelque chose d’important. Nous pouvons laisser sentir notre présence « je suis là! », « est-ce que ça va? », mais sans insister. Les silences sont souvent perçus ou vécus comme embarrassants. Comme aidant, être à l’aise avec les périodes de silence peut être un autre défi à relever.
  3. Plus je sympathise avec une personne lorsque je l’écoute, plus je suis en mesure de saisir son monde émotif.
    FAUX. Contrairement à l’empathie, la sympathie est une attitude intérieure par laquelle on ressent les mêmes sentiments qu'une autre personne à propos d’une même situation et ce, sans détachement. L’empathie consiste à saisir le monde de l'autre et ses sentiments, accepter l’intensité de l’émotion vécue et se mettre momentanément dans la peau de l’autre, sans toutefois être envahi par ceux-ci.
  4. Mieux je connais une personne, plus je suis en mesure de l’écouter véritablement.
    FAUX. Connaître très bien la personne ne s’avère pas être un critère pour bien l’écouter. Il suffit d’être attentif à ce qu’elle nous apporte dans le moment présent. Parfois, il peut être même plus difficile d’écouter véritablement une personne que nous connaissons bien puisqu’il y a des risques de tomber dans la subjectivité et l’émotivité.
  5. Terminer la phrase d’une personne est une bonne façon de lui faire sentir que je la comprends.
    FAUX. Cela ne respecte pas son rythme et peut briser la confiance de la personne à se dévoiler. Peut-être est-elle en train de nous révéler quelque chose d’important et en l’interrompant, elle peut se sentir bousculée.
  6. Plaindre une personne est une bonne façon de lui faire sentir que je la comprends.
    FAUX. Plaindre une personne renforce son rôle de victime et peut nuire à sa situation. Nous pouvons la supporter, l’encourager, sans la plaindre. La pitié démontre à la personne que nous ne croyons pas en ses capacités, que nous voyons sa situation sans espoir.
  7. Les femmes ont naturellement une meilleure capacité d’écoute que les hommes.
    FAUX. La tendance à croire cela est fausse car l’écoute active n’a pas de sexe, elle n’est certes pas innée! Écouter une personne qui a besoin d’aide est un art qui s’apprend. Bien que nous puissions avoir des habiletés d’écoute, nous devons les développer et ce, peu importe le sexe.
  8. Lorsque j’écoute une personne, je dois tenir compte de mes limites.
    VRAI. Il est important d’écouter et d’établir ses limites car sinon, l’épuisement nous guette et nous ne sommes pas en total respect avec soi et avec l’autre. Le respect des autres commence par le respect de soi. Par exemple, si une amie vous téléphone parce qu’elle a besoin d’être écoutée et que vous avez un rendez-vous dans une demi-heure, vous lui expliquez que vous disposez de 15 minutes pour l’écouter, au-delà de ce temps, vous ne l’écouterez pas pleinement puisque vous serez préoccupé par vos engagements.
  9. Lorsque j’écoute une personne, il est éclairant, si elle me le demande, de lui dire comment j’ai solutionné une difficulté semblable.
    FAUX. Naturellement et de bonne foi, nous sommes souvent portés à donner des conseils en pensant aider mais, ce qui est bon pour nous n’est pas nécessairement bon pour l’autre. Chaque personne a son propre potentiel et notre rôle est de favoriser chez la personne la prise de conscience de ses propres outils, d’aller puiser dans son propre bagage et dans ses expériences antérieures.
  10. Certaines personnes sont incapables de faire des choix dans leur vie, il est préférable de les conseiller avec discernement pour éviter qu’elles ne s’enfoncent davantage dans leurs problèmes.
    FAUX. Chaque personne a ses forces et son potentiel. Le rôle de la personne qui écoute est de l’aider à trouver des solutions qui lui sont propres en lui reflétant ses émotions, en reformulant ce qu’elle exprime tout en respectant son rythme. Par contre, en situation de crise suicidaire, nous devons être plus directifs et voir à ce que la personne ait toutes les ressources nécessaires.
Source :
Association des centres d'écoute téléphonique du Québec. Possédez-vous la fibre d'un écoutant(e)?