Martine Allard a été hébergée à l’Hôtellerie Norman Fortier de la Fondation québécoise du cancer en 2012 durant ses traitements médicaux pour un cancer du sein.  

C’est là qu’elle rencontre l’art-thérapeute de la Fondation qui l’invite à se joindre aux participantes de l’atelier d’art-thérapie. Elle découvre alors pour la première fois l’art comme forme de résilience et y voit rapidement un moyen de s’exprimer librement et sans aucune censure.

Non seulement les ateliers d’art-thérapie lui permettent pour la première fois d’explorer son expression artistique, mais ils lui permettent aussi de faire la connaissance d’autres bénéficiaires de la Fondation, avec lesquelles elle tissera des amitiés durables. Si bien que même après avoir quitté l’Hôtellerie en tant que résidente, elle continue à se rendre à la Fondation pour y suivre les ateliers d’art-thérapie.
 
Sa passion pour l’art-thérapie grandit de jour en jour, au point d’y consacrer une grande partie de son temps et d’aménager son appartement en atelier. Ses œuvres illustrent clairement sa souffrance physique et émotionnelle à la suite de l’épreuve du cancer. Donner une seconde vie par l’art est d’ailleurs devenu pour Martine une métaphore de la vie après un cancer.
 
Après avoir participé à plusieurs expositions collectives, elle réalise son rêve : une première exposition solo en tant qu’artiste… Alter Égale, où elle y aborde l’étude de l’image de soi et l’image corporelle chez la femme.
 
Celles et ceux qui sont touchés par le cancer et par l’art sont invités à rencontrer Martine Allard à la galerie du Centre d’Apprentissage Parallèle à Montréal, en prenant rendez-vous au préalable par courriel à ateliermallard@gmail.com

 
Je ne suis pas un numéro
« Ce premier collage a été réalisé pendant mes traitements médicaux pour un cancer du sein. J’ai choisi de représenter mon expérience sur 4 plans différents. Dans ce triptyque, le fond, la trame principale, c’est l’état mental, ma peur extrême face à la chimiothérapie. L’arc à gauche, ma détresse psychologique; le centre, l’expérience déshumanisante et physiquement douloureuse d’être totalement sous le contrôle des traitements médicaux. À droite, le côté sombre de la spiritualité, le chaos, le fatalisme. » - Martine Allard

 
Cachez ce sein que je ne saurais voir
« Cette sculpture consiste en un autoportrait où je mets en évidence le trauma de ma chirurgie pour un cancer du sein ainsi que le tabou d'en parler socialement. La porcelaine coupée représente la fragilité psychologique tandis que les éclats de miroir illustrent le sein mutilé ainsi que l'incapacité à le regarder. Le trauma est à la fois physique et psychologique.

J'ai choisi les motifs de la porcelaine en fonction de leur symbolique : les fleurs font référence à la féminité, la fécondité et à la sexualité féminine; les fruits à la maternité. Les ruines du château placées au dos de la sculpture évoquent l'enfance et la construction d'une féminité idéale. » - Martine Allard
 

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