Avec le développement récent de nombreuses immunothérapies, entre autres les inhibiteurs de points de contrôle, plusieurs types de cancers sont traités avec une immunothérapie.

L’immunothérapie en oncologie est un domaine de recherche très actif. D’autres types de médicaments d’immunothérapie, de même que d’autres cancers qui pourront en bénéficier s’ajouteront possiblement au fil du temps.

Les principaux cancers qui peuvent bénéficier de l’immunothérapie au Québec sont :
  • Le mélanome,
  • Le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC),
  • Le cancer du rein,
  • Le cancer de la vessie,
  • Le lymphome de hodgkin,
  • Les cancers tête et cou (ORL),
  • Le carcinome hépatocellulaire (foie),
  • Le carcinome épidermoïde cutané,
  • La leucémie lymphoïde aiguë (voir point 5 dans la section «Types de médicaments ou traitements d’immunothérapie en oncologie» dans Immunothérapie),
  • Le lymphome non hodgkinien diffus a grandes cellules B (voir point 6 dans la section «Types de médicaments ou traitements d’immunothérapie en oncologie» dans Immunothérapie).

Immunothérapie pour le mélanome 

Le mélanome, aussi nommé mélanome malin, est un cancer de la peau qui croît à partir des mélanocytes.

Les mélanocytes sont les cellules qui produisent le pigment de la peau et qui lui donnent sa couleur caractéristique. Les mélanomes peuvent se développer sur une peau normale, dans des grains de beauté, les muqueuses et parfois au niveau de l’œil.

Il existe différents types de mélanomes. Les plus fréquents sont :
  • Le mélanome superficiel extensif : Il représente 70 % des cas de mélanomes et se présente le plus souvent sur les jambes chez la femme et au niveau du torse chez l’homme. Dans ce type de mélanome, les cellules tumorales se présentent souvent avec des mutations d’un gène nommé BRAF[i]
  • Le mélanome nodulaire : Ce type de mélanome représente 15 à 30 % des cas de mélanomes et peut apparaître à différents endroits sur le corps. Il a la particularité de progresser rapidement.
Les mélanomes font partie des cancers qui répondent le mieux à l’immunothérapie.

Depuis 2010 environ, la recherche clinique a permis la découverte de plusieurs médicaments d’immunothérapie et de thérapie ciblée qui ont révolutionné la prise en charge des mélanomes avancés ou métastatiques.

La chirurgie demeure cependant le traitement principal du mélanome. Cela permet, entre autres, de déterminer le stade du cancer.

Les traitements d’immunothérapie sont indiqués pour traiter les mélanomes de stade IIb, III et IV. Une immunothérapie peut être administrée seule ou combinée à un autre médicament d’immunothérapie. En fonction de ce choix thérapeutique (une seule thérapie ou un traitement combiné), 40 à 50 % des patients traités par immunothérapie ont une réponse favorable au traitement.

Ce traitement permet également d’allonger l’espérance de vie et même, pour certains patients, une rémission complète

Les médicaments d’immunothérapie utilisés pour le mélanome sont :
  • Interféron alpha (Intron A) (rarement),
  • Interleukine 2 intralésionnel,
  • Nivolumab (Opdivo),
  • Pembrolizumab (Keytruda),
  • Ipilimumab (Yervoy).
La durée de traitement peut varier de quelques mois à quelques années.
 

Immunothérapie pour le cancer du poumon non à petites cellules (CPNPC)

Le cancer du poumon se présente sous différentes formes. Les plus fréquentes sont le cancer du poumon « non à petites cellules » et le cancer du poumon à « petites cellules ». L’appellation « petites cellules » et « non à petites cellules » fait référence, entre autres, à leur différence de taille lorsqu’elles sont examinées au microscope.

Le cancer du poumon non à petites cellules est le type de cancer du poumon le plus courant. De tous les diagnostics de cancer du poumon, 80 % à 85 % des cas sont des cancers du poumon non à petites cellules (CPNPC).

L’immunothérapie est indiquée pour traiter les CPNPC de stade III inopérables ou de stade IV métastatiques.

Les médicaments d’immunothérapie utilisés pour traiter le CPNPC sont les inhibiteurs de points de contrôle suivants :
  • Durvalumab (Imfinzi),
  • Atézolizumab (Tecentriq),
  • Nivolumab (Opdivo),
  • Pembrolizumab (Keytruda).
Le durvalumab est indiqué en monothérapie (un seul médicament) dans le traitement curatif des CPNCP de stade III inopérables après une chimio-radiothérapie combinée.

Le nivolumab, le pembrolizumab et l’atézolizumab sont utilisés en traitement palliatif des CPNCP de stade IV ou métastatique. Ils peuvent être administrés en thérapie seule ou combinés à une chimiothérapie.
 

Immunothérapie pour le cancer du rein 

Il existe différents types de cancers du rein. Le type le plus fréquent est le carcinome rénal à cellules claires. Il représente plus de 80 % des cancers du rein. C’est un cancer silencieux qui ne présente pas de symptômes spécifiques et qui est souvent diagnostiqué tardivement. S’il est rapidement découvert, le meilleur traitement est la chirurgie (on enlève le rein en partie ou complètement).

Alors que très peu de traitements démontraient des bienfaits pour les cancers avancés ou métastatiques, il y a quelques années un type de traitement révolutionna le traitement des cancers du rein avancés : les thérapies ciblées.

Plus récemment, l’immunothérapie s’est ajoutée comme option thérapeutique. Ces deux traitements (thérapie ciblée et immunothérapie) sont indiqués dans le traitement des cancers avancés ou métastatiques soit, de stade III ou IV.

Les traitements récents pour le cancer du rein avancé combinent deux traitements. Soit on utilise deux immunothérapies (deux médicaments stimulant le système immunitaire), soit une immunothérapie et une thérapie ciblée anti-angiogénèse (qui bloque l’apport sanguin au cancer).

Les médicaments d’immunothérapie utilisés pour le carcinome rénal sont :
  • Nivolumab (Opdivo),
  • Pembrolizumab (Keytruda),
  • Ipilimumab (Yervoy),
  • Interleukine-2 I/V.
Le nivolumab et l’ipilimumab sont administrés en combinaison. Le pembrolizumab est administré en combinaison avec l’axitinib (thérapie ciblée anti-angiogénèse). L’interleukine-2 est administrée en monothérapie.
 

Immunothérapie pour le cancer de la vessie 

Le cancer de la vessie se développe la plupart du temps à partir des cellules de la paroi interne de la vessie, appelées cellules urothéliales. On appelle ce cancer carcinome urothélial. 90 % des cancers de la vessie sont des carcinomes urothéliaux. Ce type de cancer peut affecter la vessie, mais aussi les autres parties du système urinaire dont les uretères et l’urètre.

Il se présente sous différentes formes qu’on classe en groupes distincts selon leur étendue :
  • Cancer de la vessie n’envahissant pas le muscle de la vessie (non invasif) : 75 à 85 % des tumeurs urothéliales
    • tumeur papillaire non invasive (70 %)
    • tumeur plane (in situ) (10 %)
  • Cancer de la vessie envahissant la paroi musculaire (invasif) : 20 % des cancers urothéliaux

Les médicaments d’immunothérapie utilisés au Québec pour traiter le cancer de la vessie :
  • Le Bacille de Calmette-Guérin (BCG)
Le BCG est une bactérie qui a été transformée en laboratoire afin qu’elle ne puisse pas causer de maladie. Son utilisation cause une inflammation de la vessie, déclenchant une réaction immunitaire favorisant l’attaque et la destruction des cellules cancéreuses. Ce traitement est administré à l’intérieur de la vessie (intravésical) à intervalles réguliers et est utilisé pour traiter les carcinomes in situ (tumeur non invasive). Il est prescrit après la chirurgie, c’est-à-dire après qu’on ait retiré la tumeur par les voies naturelles (résection transurétrale de tumeur vésicale [RTU TV]).
  • L’Avelumab (Bavencio)
Il est utilisé en monothérapie (thérapie unique), pour le traitement d’entretien du carcinome urothélial avancé non opérable ou métastatique.
 

Immunothérapie pour le lymphome de Hodgkin 

Le lymphome est l’appellation générale utilisée pour désigner un groupe de cancers qui affectent le système lymphatique. Il existe deux grandes classes de lymphomes, soit le lymphome hodgkinien (LH) et le lymphome non hodgkinien (LNH). Le lymphome de Hodgkin se distingue des lymphomes non-hodgkiniens par la présence de grosses cellules lymphocytaires anormales que l’on peut voir au microscope. Il se manifeste plus souvent chez les jeunes entre 21 et 30 ans et après 60 ans.

Généralement, ce type de cancer répond bien à la chimiothérapie. Mais, pour certains lymphomes réfractaires ou récidivants, l’immunothérapie est une alternative donnant de bons résultats.

Les médicaments d’immunothérapie utilisés pour le lymphome de Hodgkin sont les inhibiteurs de points de contrôles suivants :
  • Nivolumab (Opdivo)
  • Pembrolizumab (Keytruda)

Immunothérapie pour les cancers de la tête et du cou (ORL)

Les cancers de la tête et du cou représentent un ensemble de cancers qui touchent la région oto-rhino-laryngologique (ORL) ou les voies aérodigestives supérieures (VADS). Ils affectent principalement la cavité de la bouche, le larynx et le pharynx. 90 % des cancers de la tête et du cou sont des carcinomes épidermoïdes. L’immunothérapie représente une avancée majeure et récente dans la prise en charge de ces types de cancers. Ces traitements offrent une nouvelle option pour la grande majorité des carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou récidivants ou métastatiques.
 
Les médicaments d’immunothérapie utilisés pour les cancers de la tête et du cou sont les inhibiteurs de points de contrôles suivants :
  • Nivolumab (Opdivo)
  • Pembrolizumab (Keytruda)
Le nivolumab peut être administré pour le traitement du carcinome épidermoïde de la tête et du cou à un stade métastatique ou localement avancé.

Le pembrolizumab peut être administré en monothérapie ou en association avec une chimiothérapie pour le traitement d’un carcinome épidermoïde récidivant ou métastatique de la tête et du cou.
 

Immunothérapie pour le carcinome hépatocellulaire 

Le carcinome hépatocellulaire est une tumeur maligne du foie. Il débute au sein des cellules qui forment la majeure partie du foie. Ce type de cancer représente plus de 90 % des cancers du foie. La grande majorité sont associés à une cirrhose du foie dont la cause est le plus souvent due à une hépatite B, une hépatite C ou à l’abus d’alcool.

Le carcinome hépatocellulaire est un cancer agressif qui présente peu de symptômes et qui est souvent découvert tardivement alors que la maladie est avancée. En fonction du stade de la maladie, différentes options de traitements sont possibles dont la chirurgie ou la radiothérapie. Toutefois devant un stade avancé ou métastatique, les options de traitement deviennent plus rares et jusqu’à il y a quelques années, peu de traitements démontraient des bienfaits pour ces cancers avancés.

Heureusement, un autre type de traitement peut maintenant être offert : les thérapies ciblées. Plus récemment encore, l’immunothérapie s’est ajoutée comme option thérapeutique. On la combine à une thérapie ciblée. Ce traitement est indiqué pour les carcinomes hépatocellulaires avancés ou métastatiques qui répondent à des critères précis de sélection.
 

Immunothérapie pour le carcinome épidermoïde cutané

Le carcinome épidermoïde cutané est un type de cancer de la peau. L’immunothérapie intervient dans le traitement d’un carcinome épidermoïde cutané au niveau métastatique ou avancé et ne pouvant bénéficier d’une chirurgie ou d’une radiothérapie. Le médicament utilisé pour traiter ce type de cancer de la peau est l’inhibiteur de point de contrôle appelé Cémiplimab (libtayo).



[i] BRAF est un gène qui produit la protéine b-raf. La protéine b-raf agit dans la croissance et la division cellulaire.

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